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lundi, 31 août 2015

En pensant à un musicien qui naquit à Honfleur

 

 

 

Aux amoureux de la beauté et aux Tristes peut-être faudrait-il (non : cela est certain) seulement une salle sobre, haute et solitaire, dont les fenêtres seraient ouvragées, splendides et calmes ; dans un coin, un vieux coffre ; un sol quasi nu ; une table, une chaise, un fauteuil ou deux, si l'être aimé est de passage, ou quelque ami s'il comprend, ou même s'il ne comprend pas ; de loin en loin, montant parmi les rayonnages de la bibliothèque jusqu'au plafond, tous les livres aimés dans ce monde, de poche ou en édition originale ; du papier, de l'encre ; quelques beaux dessins et photographies rêvant sur les murs, qui attendraient les regards profonds ; et, résonnant dans le silence parcouru d'oiseaux et de vents, lorsque n'importe quel pont-levis serait enfin levé, la musique la plus lente, la plus ironique, la plus tendre et la plus belle d'Érik Satie.

 

 

 

 

mardi, 18 août 2015

Dans la bibliothèque

 

 

 

 

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La bibliothèque de l'hôtel particulier de Moïse de Camondo,
aujourd'hui musée Nissim-de-Camondo,
à Paris VIII, photographie : mars 2015.

 

 

 

mardi, 14 juillet 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (66)

 

 

 

Introduction.

 

 

Histoire

Histoire de France

 

 

« 143. Un autre livre des Croniques de France, en latin de lettre de fourme, qui se commance au second fueillet : Tis et vocatum est nomen ejus Adam ; couvert de cuir rouge empraint, à quatre fermoers de cuivre sur tixus vers [tissus verts] ; lequel livre mondit seigneur de Berry fit prendre en l’église Saint-Denis pour montrer à l’empereur et aussi pour le faire copier ; et voulut à ses derreniers jours, comme il est relaté par Robinet [Robinet d’Étampes, garde des joyaux du duc], et aussi par le confesseur dudit seigneur, qui dit que Mons. lui dit qu'il fut restitué à ladite église. »

 

Il s’agit de l’original latin des Grandes Chroniques de France ou Annales de Saint-Denis que compilèrent les religieux de l’abbaye de Saint-Denis aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles. Ces Chroniques retracent l’histoire des règnes de tous les rois des dynasties mérovingienne, carolingienne et capétienne. Les ouvrages suivants sont une traduction en français de ces Chroniques, qui se continuèrent jusqu’au XVe siècle.

 

 

« 144. Un livre, escript en françois, très-notablement historié en plusieurs lieux, des Croniques de France ; au premier fueillet aux armes de feu messire Eymery de Rochechouart [Aymeric XV, vicomte de Rochechouart, mort en 1302], couvert de cuir empraint, et fermant à quatre fermoers de cuivre._100 liv. »

 

« 145. Un livre des Croniques de France, escript en françois de lettre de court, très-bien historié en plusieurs lieux ; et au commencement du second fueillet de la table a escript : Comment Childeric, etc. ; couvert de veluyau noir, à deux fermoers de laiton et cinq boulions de mesmes sur chascun ais ; lequel livre Jean de la Barre, receveur de toutes finances en Languedoc et duché de Guyenne, donna à Mons. au mois d'avril après Pasques, l’an 1408._100 liv. »

 

 

(à suivre.)

 

 

 

 

mercredi, 08 juillet 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (65)

 

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 141. Un autre livre en latin, de la Vie de saint Gildas et de la translacion de son corps et du saint calice de la cène Notre Seigneur, mauvaisement relié, sans couverture._2 liv. 10 s. »

 

Trois manuscrits (le premier datant du XIe siècle par un moine anonyme breton, le deuxième du XIIe siècle par l’historien gallois Caradog de Llancarfan, le troisième du XIIIe siècle, anonyme encore) relatent la vie de ce saint gallois du VIe siècle, si bien que je ne saurais préciser de quel ouvrage il s’agit ici.

 

 

« 142. Un livre de papier, faisant mancion du proces de la canonisation de Charles de Blois, couvert de cuir, non prisé. »

 

Hiver de Beauvoir précise : « Charles de Blois, de la maison de Châtillon, duc de Bretagne, tué à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364, enterré aux Cordeliers de Guingamp, où il est vénéré comme un saint. »

Le Bienheureux Charles de Blois (né en 1319) s'illustra durant la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) ; les Anglais en firent leur prisonnier en 1347 ; enfermé à la Tour de Londres, il fut libéré contre rançon en 1356, pour être vaincu par son rival Jean IV de Bretagne. Il fut béatifié en 1904, bien longtemps après que la demande de sa canonisation avait été refusée, en 1376, pour des motifs essentiellement politiques. Ce livre devait relater l'histoire et les raisons de cet échec. 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

lundi, 29 juin 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (64)

 

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 139. Un petit livre des Miracles de saint Germain, intitulé au commancement du premier fueillet : En cette table sont contenus les miracles que saint Germain fist durant sa vie et après sa mort ; couvert de veluyau échiqueté [dessiné comme un jeu d'échecs, en damier, orné de carrés de diverses couleurs] de plusieurs couleurs, à deux fermoers d'argent doré, en l’un desquels est saint Germain et en l'autre les armes de Mons._100 s. »

 

Ce livre, Miracula sancti Germani (Miracles de saint Germain), est un ouvrage en prose du poète, érudit, maître de l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre et moine bénédictin Heiric d’Auxerre (841-vers 876), Heiricus Autissiodorensis (ou Altissiodorensis) pour les intimes, datant des alentours de 865. Il s'agit d'une hagiographie du saint, illustration et prétexte de la démonstration de l'excellence de l'abbaye Saint-Germain face à la cathédrale de la même ville. (Voir également ci-dessous.)

 

 

« 140. Un autre petit livre de la Vie de saint Germain d’Auxerre et de ses miracles, translaté en françois, couvert de cuir fauve, sans ais._15 s. »

 

Il s’agit de l’ouvrage précédent, augmenté d’une Vita sancti Germani (Vie de saint Germain), cette fois en vers, composée en 873-874 selon le vœu de Lothaire, fils de Charles le Chauve (qui fut abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre de 863 à 866). Heiric d'Auxerre reprend la Vie de saint Germain rédigée vers 480 (environ trente ans après la mort du saint) par un clerc de Lyon nommé Constance.

 

 

(à suivre.)

 

 

 

mercredi, 24 juin 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (63)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 138. Un petit livre bien ancien, de la Vie des Pères, escript en françois ; et au commencement du second fueillet a escript : Tôt à perfection ; couvert de cuir blanc, et sur chascun des ais a cinq boullons de laiton, fermant à deux fermoers de mesmes ; lequel mondit seigneur acheta de maistre Regnault du Montet au mois de mars l’an 1409 avant Pasques, pour le prix et somme de xij [12] escus d'or._5 liv. »

 

 

La Vie des Pères est un texte composé, selon les éditions, de l’ensemble ou d’une partie seulement des traductions, en langue romane, au XIIIe siècle, des Vitae Patrum, un texte composite comprenant des Vies d’ascètes attribuées à saint Jérôme (vers 347-420), de l’Historia monachorum in Aegypto (récit d’un voyage de sept pèlerins parmi des moines égyptiens) attribuée à Rufin d’Aquilée (vers 345-411), des Dialogues de saint Grégoire le Grand (vers 540-604, pape de 590 à sa mort), texte évoquant la sainteté de divers personnages, de l’Histoire de Josaphat et Barlaam (adaptation christianisée du Xe siècle, reprise dans la Légende dorée au XIIIe siècle, d’un texte en sanskrit du bouddhisme datant du IVe siècle, et relatant la vie d’un bodhisattva), de la Vie de saint Martin de l’historien et ecclésiastique Sulpice Sévère (vers 363-après 410), des Conférences (426) de Jean Cassien (vers 360-vers 435), sur la vie spirituelle des Pères du désert, ainsi que des extraits de livres du moine hérésiarque Pélage (vers 350-vers 420), du théologien Paschase Radbert (790-865), et de l’Histoire lausiaque (vers 418-419) de Palladios de Galatie (vers 363-vers 430), une histoire du monachisme égyptien.    

 

 

(à suivre.)

 

 

 

mercredi, 17 juin 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (62)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 137. Un petit livre de la Conversion de saint Pol, couvert de cuir rouge, à deux fermoers de laiton, non prisé [estimé]. »

 

Il s’agit sans doute de la traduction du chapitre XXVII (« La Conversion de saint Paul, apôtre (25 janvier) ») de la Légende dorée de Jacques de Voragine par l’érudit Jean de Vignay (vers 1283-après 1340), mais le livre devait contenir d’autres écrits, car le chapitre dont il est question est un texte fort court (que l'on peut lire ici).

 

 

(à suivre.)

 

 

 

 

 

lundi, 15 juin 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (61)

 

 

 

Introduction.

 

 

« 135. Un très-bel livre de la Légende dorée, historié au commencement, et en plusieurs lieux très-richement, couvert de drap de soye vermeil doublé de tiercelin, à deux fermoers d'argent doré esmailliés de saint Jean et saint Jacques._75 liv. »

 

C'est, naturellement, le livre de Jacques de Voragine, composé entre 1260 et 1266.

 

 

« 136. Un livre en françois, des Louanges de saint Jehan l’évangéliste, historié en plusieurs lieux ; et au commencement a un escu [ici, corps de blason en forme de bouclier, portant des armoiries] de feue Mme la duchesse [Jeanne d’Armagnac (1346-1388), la première épouse du duc] ; couvert d'un drap de soye fin bleu, garni à quatre fermoers d'argent doré esmailliés auxdites armes et tixus de soye bleue._100 s. »

 

Ce Livre des louanges de saint Jean l’évangéliste (Liber de laudibus Johannis Evangelistae) est l’œuvre de Vincent de Beauvais (vers 1184/94-1264), l’auteur de l’encyclopédie médiévale par excellence, le Speculum majus, contenant le Miroir de l’histoire ou Miroir historial (Speculum historiale) (cf. notice 119). 

 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

 

mardi, 09 juin 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (60)

 

 

 

Introduction.

 

 

Histoire

 Histoire ecclésiastique

 

 

 « 131. Un autre livre, qui commance au commencement du dit livre : Au commencement du monde, fermant à deux fermoers d'argent, couvert de toile, appellé Canoniques martiniennes, en françois._15 liv. »

 

Il s’agit de la « traduction de la Chronique des papes, par Martin le Polonois, mort en 1278, continuée par un chanoine de Bonn ou de Liège jusqu'en 1378 » (Hiver de Beauvoir). Ces Chroniques martiniennes (d’après le nom du premier auteur, plus connu aujourd'hui sous le nom de Martin d'Opava) retracent la vie de tous les papes depuis saint Pierre jusqu’à la fin du XIVe siècle, et évoquent les événements ayant marqué leurs règnes.

 

 

« 132. Un petit livre, couvert de cuir, où il a plusieurs figures de papes avecques aucunes [quelques] prophéties d'eux._1 liv. 5 s. »

 

Ce petit livre obscur était peut-être une compilation de diverses paroles de papes anciens.

 

 

« 133. Un livre du Songe du prince d'Assalon sur le fait du schisme de l’Église ; au premier fueillet a un escu des armes de Mons., couvert de cuir vermeil empraint, à deux fermoers d'argent doré et tixus de soye noire._2 liv. 10 s. »

 

« 134. Un livre en latin de plusieurs lettres closes envoyées par le roi sur le fait du schisme et de la relation du prince d'Assalon, couvert de cuir vermeil et fermant comme les dessus nommés._12 s. 6 d. »

 

Le Grand Schisme d'Occident commença en 1378 par la nomination de Robert de Genève (l’antipape Clément VII), en opposition à Urbain VI. Les deux ouvrages mentionnés ci-dessus sont des écrits relatifs à cette crise, qui ne prendra fin qu’en 1417, après la mort du duc.

 

  

(à suivre.)

 

 

 

samedi, 06 juin 2015

L'édition du Faune

 

 

 

 

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Stéphane Mallarmé, L'Après-midi d'un faune, Paris : Léon Vanier, 1887,
édition illustrée d'un frontispice, de fleurons et culs-de-lampe d'Édouard Manet,
à l'exposition « Sade, marquis de l'ombre, prince des Lumières »

à l'Institut des Lettres et Manuscrits, Paris VII,
photographie : novembre 2014.