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jeudi, 14 juillet 2022

Dans la fosse

 

 

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Dans la fosse d'orchestre, à l'issue de la représentation de Faust, de Charles Gounod, 
à l'Opéra Bastille, photographie : juillet 2022.

 

 

 

 

12:41 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique | Tags : frédéric tison, photographie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La partition

 

 

 

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Dans la fosse d'orchestre, à l'issue de la représentation de Faust, de Charles Gounod, 
à l'Opéra Bastille, photographie (hélas floue) : juillet 2022.

 

 

 

 

12:33 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique | Tags : frédéric tison, photographie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Parterre, Rang 17, Place 16

 

 

 

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Avant, et à l'issue de la représentation de Faust, de Charles Gounod, 
à l'Opéra Bastille, photographies : dimanche 10 juillet 2022.

 

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12:31 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique | Tags : frédéric tison, photographie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 29 juin 2022

De l'infini

 

 

L'amour comme le souvenir relèvent de l'infini. (Et la musique le dit mieux que moi.)

 

 

 

mardi, 28 juin 2022

De la musique et de la vie

 

 

La vie a très peu d'intérêt si elle n'est pas soulevée par la tendresse. On connaît la phrase de Nietzsche selon laquelle, sans la musique, la vie serait une erreur. Et la musique est une tendresse éternellement inachevée.

 

 

 

jeudi, 23 juin 2022

De la musique et de l'amour

 

 

Certains, comme je l'entendais tout à l'heure à la radio, voudraient rendre, je cite, "la musique classique plus accessible au plus grand nombre". N'ont-ils pas conscience que la musique est comme l'amour — que nous ne pouvons pas être aimés par qui ne nous aime pas dès l'origine ? 

 

La musique comme l'amour, la musique et l'amour appellent — ou ne nous appellent pas. 

 

 

 

mercredi, 15 juin 2022

Des barricades mystérieuses

 

 

Les Barricades mystérieuses, que composa François Couperin en 1717, est l'un des plus beaux titres que je connaisse. Il est un rêve inépuisable.

 

 

 

samedi, 28 mai 2022

Loin et proche

 

 

À la fin, je n'aime plus me rendre dans une salle de spectacle que pour un opéra, où des voix s'imposent et ne peuvent qu'être là, à ce moment-là, à jamais, avec la magnificence musicale, devant moi, bruissantes, uniques, lumineuses et sombres.

J'aurai aimé beaucoup de concerts, mais des malotrus m'ont trop souvent donné des coups dans le dossier de mon siège, trop de spectateurs ont toussé, éructé, applaudi trop vite ; je ne peux plus les supporter : désormais, j'ai davantage de plaisir à écouter quelque quatuor, quelque pièce pour piano ou quelque symphonie dans mon salon, seul, à l'abri de l'hostilité du monde violent, blessant et vociférant.

Mais un opéra ! Un opéra ne peut véritablement être écouté que dans une salle de spectacle, avec le nombre, la lumière et le sombre, dirais-je, de l'instant. (Un opéra tombe un peu dans une chambre solitaire, toujours.)

 

*

 

Lorsque j'écoute de la musique, je me sens à la fois loin et proche du monde. Ceci explique peut-être cela, je ne sais.

 

 

 

lundi, 23 mai 2022

Sur Elektra de Richard Strauss

à S.

 

 

Le miracle de l'Elektra de Richard Strauss est de nous faire songer, lorsque nous l'écoutons, que notre frisson est peut-être (je dis bien peut-être) le même que celui des Grecs anciens lorsqu'ils assistaient à la représentation d'une tragédie de Sophocle. C'est là sans doute une illusion, ou un vœu. Il reste que cette musique est une terrible, une immarcescible magnificence, et que sont convoqués, dans l'instant, l'esprit et le corps des hommes, les dieux et, avec eux, le Sacré : la sensation de cette force ne peut nous être ôtée.

 

 

 

La coupure

 

 

Hier après-midi, tandis que j'attendais avec impatience que commencât la représentation d'Elektra, je m'avisai d'une petite blessure, d'une petite coupure plutôt, d'à peine un centimètre, et parfaitement indolore, au niveau de mon poignet droit. Elle saignait, curieusement, abondamment, jusqu'à tacher ma chemise ; le mince filet de sang allait jusqu'à la base de mon pouce. J'étais pourtant certain d'avoir quitté mon appartement et de m'être mis en route, à pied, vers l'Opéra Bastille sans avoir été touché par quoi que ce soit. D'où venait donc cette coupure ? Peut-être était-ce l'un des coins de mon billet qui m'avait légèrement éraflé, lorsque je présentai celui-ci à l'ouvreur ? Cela n'avait évidemment aucune importance mais, alors que j'essuyais la plaie, je regardai mon mouchoir teinté de rouge et me dis que c'était là chose bien étrange que de saigner ainsi quelques minutes avant que ne retentît l'un des opéras les plus sanglants qui fussent !

 

 

 

Parterre, Rang 16, Place 15

 

 

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Avant, et l'issue de la représentation d'Elektra, de Richard Strauss,
à l'Opéra Bastille, à Paris XI, photographies : dimanche 22 mai 2022.

 

 

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10:13 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique | Tags : frédéric tison, photographie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 11 mai 2022

Des yeux qui se ferment

 

 

La musique elle-même, quelquefois, ferme les yeux comme nous les fermons parfois, de bonheur, d'extase ou de tristesse, lors d'un concert.

 

 

 

 

 

lundi, 25 avril 2022

Sur Pelléas et Mélisande de Claude Debussy

 

(Notes éparses — que je n'ai pas le temps de rassembler...)

[À la Première de Pelléas et Mélisande, de Claude Debussy, à l'Opéra Bastille de Paris, le mardi 28 février 2012*. Notes écrites dans les jours qui suivirent.]

 

Il est une musique qui d'emblée nous connaît, et nous reconnaît, et nous sait en se déroulant. La musique de Pelléas et Mélisande se souvient de nous. De même que le silence qui la suit lui appartient, comme on l'a dit de Mozart, de même que l'irrigue le silence qu'elle contient, il semble que le silence qui la précède n'a pour elle aucun secret. (Si nous sommes des silences bavards...) Ainsi qu'au lever de l'archet c'est déjà le drame tout entier de la passion de Golaud qui s'exprime (et qui se concentrera dans les mesures tragiques de la sublime scène finale, quand Golaud est au chevet de Mélisande mourante), dès les premières mesures inouïes d'élégance, de profondeur et de beauté, c'est la musique qui nous regarde, nous épie, nous sonde — nous connaît par cœur.

 

Je parle en somme d'une musique qui est la musique d'un Narcisse sorti, haletant, de l'Eau dans laquelle il se mirait — une musique en gouttes de rosée.

 

***

 

Il y a du vent dans la musique de Pelléas et Mélisande, un vent ininterrompu, mais souple, mais changeant, parfois presque imperceptible comme la brise légère entendue par Élie dans le Premier Livre des Rois (1 R, 19, 9-13 — le "murmure doux et léger" où s'annonce Yahvé...), tantôt planant sur les eaux lourdes et stagnantes des gouffres qui s'enveniment dans les souterrains du château d'Allemonde, tantôt rafraîchissant comme les eaux du large chargées de navires et de voix.

 

Tout l'arpège de Debussy nous parle ainsi qu'une inquiétude en dérive — suspense d'une mélodie dont chaque phrase est comme une succession de vers français dont chaque fin est blanche...

 

***

 

Les mots de la pièce de Maeterlinck semblent tissés dans un chant ténu et passionné à la fois — combien ai-je lu et entendu de sottises à propos de ce phrasé mélodique, qui est tout sauf "facile à chanter" (par des chanteurs "mineurs" !), tout sauf "mièvre", tout sauf "monotone"...

 

Ces mots, qui se retiennent de trop dire, qui ne peuvent pas tout dire, qui ne le veulent pas peut-être, qui savent qu'ils ne le peuvent pas, ces mots encombrés, sont à leur tour fécondés par une musique qui, à leur imitation, se donne et se retient, ne s'épanche qu'un instant pour retourner dans l'ombre et recommencer en milliers de mélodies qui s'entremêlent ou se succèdent — combien de développements symphoniques entrevoit-on dans la trame de cette musique, laquelle, à l'instar de celle de Mozart ou de Bach, pourrait être qualifiée de pudique, sans l'affectation de la "pudeur"...

 

***

 

La direction du jeune Philippe Jordan, à la Première de l'Opéra Bastille, fut en tous points magnifique : profonde et légère à la fois, ample et secrète, elle atteignit presque la perfection de l'insurpassable et somptueuse direction de Désiré-Émile Inghelbrecht le 13 mars 1962 (publiée par Naïve et l'INA, avec le meilleur Golaud qui fût, Michel Roux) et celle, plus discrète, plus "modeste" peut-être, mais si belle, de Serge Baudo en 1979 (grâce à laquelle j'ai découvert l'opéra, en écoutant le disque publié par BMG/RCA Classics, avec l'une des meilleures Mélisandes qui fussent, Michèle Command, et l'admirable Gabriel Bacquier en Golaud). La très belle Elena Tsallagova incarnait une Mélisande parfaite, lointaine et fragile. Stéphane Degout incarnait, en baryton (le rôle peut être celui d'un ténor), un Pelléas passionné et tragique. Et Golaud... Lui était proprement hanté par la silhouette élégante et sombre et la voix belle et "lourde" de Vincent Le Texier, dont la présence sur la scène était saisissante. Anne Sofie von Otter, dans son rôle trop court, hélas, était une belle Geneviève, de même que Franz Joseph Selig un beau roi Arkel. Quant au rôle, il est vrai quelque peu ingrat, du petit Yniold, il revenait à une Julie Mathevet peu convaincante, à la voix faible, facilement engloutie par l'orchestre pourtant aux antipodes de celui d'une Salomé ou d'une Elektra ; mais il est vrai qu'Yniold ne peut jamais être tout à fait convaincant... 

  

La mise en scène de Robert Wilson laissait craindre le pire, tant les réalisations du "plasticien" sont inégales ; je songe à des catastrophes que je préfère éluder ici... Mais ce soir-là, elle fut belle ; sa sobriété était, non plus au service de la marque de fabrique de son auteur et du "scandale" très organisé et fort rémunérateur de sa "réputation", mais au service de l'œuvre ; ainsi les personnages évoluaient-ils dans des cadres vides, séparés par de frêles parois sombres ou des gazes transparentes  : voiles entre les personnages qui renchérissaient sur leurs distances respectives : ces personnages s'aimaient dans le lointain de la souffrance.

 

Face aux leçons d'amour des sages autoproclamés, l'opéra dit la façon inéluctable d'aimer mal, d'aimer à côté, d'aimer passionnément, d'aimer quand même, d'aimer comme si, d'aimer alors que, d'aimer lorsque...

 

 

*Opéra et chœur de l'Opéra national de Paris dirigés par Philippe Jordan, décors de Robert Wilson ; Stéphane Degout, Pelléas ; Vincent Le Texier, Golaud ; Franz Joseph Selig, Arkel ; Julie Mathevet, Yniold ; Elena Tsallagova, Mélisande ; Anne Sofie von Otter, Geneviève ; Jérôme Varnier, un berger, le médecin.

 

00:54 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

D'une note

 

 

 

Tandis que j'écoutais Lohengrin, une note résonna sous mon crâne ; le chant d'un oiseau, par ma fenêtre, s'est tenu exactement, m'a-t-il semblé, au moment même où cette note survint.

 

Il m'est apparu que j'étais là, peut-être, à ce moment, pour faire le lien, et témoigner.

 

 

samedi, 23 avril 2022

Du sentiment de déclassement (Fragments)

 

 

Le sentiment de déclassement ne peut être éprouvé que par ceux qui aiment le rare.

 

Le sentiment du rare n'est partagé que par ceux qui aiment la beauté.

 

Le sentiment de la beauté n'est vécu essentiellement, aujourd'hui, que par ceux qui sont socialement déclassés.

 

La poésie n'est pas comprise parce qu'elle n'est pas à comprendre, ainsi que la musique.

 

Lorsqu'on prétend la comprendre, la musique n'est nullement entendue.

 

Dès que l'on nie la hiérarchie, on est très adapté à ce monde qui met sur le même plan quelque sottise et quelque bouleversante création, à ce langage officiel du monde qui ment tout le temps ; de même, si l'on observe la hiérarchie évidente des pensées et des corps, par exemple, si l'on dit que cet oiseau, ce colibri, est plus beau que cet autre oiseau qui est pigeon, et aussi que ce livre, et ce visage, et cette attitude sont plus beaux que d'autres, on est déclaré inapte, méprisant, et dénoncé pour cela. La ruine n'est pas loin, et le déclassement se poursuit, en cascade.

 

J'ai dit une fois à quelqu'un que quelque chose était de couleur bleue, mais bon, on me répondit qu'elle était rouge. Le désespoir devant cette absence d'échange mène à une solitude renouvelée, supplémentaire même, dont je me serais bien passé. Le malheur, c'est l'absence d'une évidence partagée, c'est l'image même du manque.

 

« Ô solitude... » (Henry Purcell.)

 

Je déteste le ciel bleu lorsqu'il est uniformément bleu, de ce bleu qui est une forme de violence. Je n'aime que les nuages, lesquels sont à la fois beaux, rêveurs, et uniques. Ils ne jugent pas, ils passent.