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vendredi, 21 janvier 2022

Glané (4)

 

 

Florilège de paroles entendues dans notre monde (2019-2021), notées dans mes carnets.

 

 

« C'est qui ce Milo qui a sculpté cette Vénus ? » (Au Louvre.)

 

« Bof, Baudelaire, c'est pas trop mal, mais bon il a pas écrit grand'chose, un peu comme ce Mallarmé que tu adores mais qui a écrit que cent pages en tout, non ? Rimbaud c'est pareil, mais lui il s'est cassé après avoir écrit toute sorte de conneries que personne ne lira. » (Dans un bar.)

 

« Tu vas voir, on va retourner aux bougies. Par contre ça va coûter de plus en plus cher. Ce sera des bougies de luxe ! » (Dans une brasserie.)

 

« Mais arrête d'écrire tout le temps dans ton carnet ! Tu m'espionnes ou tu es un indic ? Remets ton carnet dans ta poche, et ton stylo à la con, tu le ranges dans ton sac, please. » (Dans un bar (Mon lecteur aura deviné que j'étais le destinataire de ces paroles délicieuses).)

 

 

06:02 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 19 janvier 2022

Glané (3)

 

 

Florilège de paroles entendues dans notre monde (2019-2021), notées dans mes carnets.

 

 

« Y a trop d'or, ici. » (Au château de Versailles.)

 

« Tu t'rends compte, le mec [Joseph Haydn], il a écrit cent et quelques symphonies, tu crois ça ? » (Dans un bar.)

 

« Les poèmes, c'est trop chouchou. » (Dans un bar.)

 

« C'était une grosse vache, enfin, j'veux dire, une pure vache. » (Dans le métro, un jeune homme au téléphone.)

 

« Tu vois, j'assume d'être une joyeuse. Surtout avec mes cheveux. » (Dans un bar.)

 

« Grave : je l'aime. Grave de chez grave. » (Dans une brasserie.)

 

 

 

17:17 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

dimanche, 16 janvier 2022

Glané (2)

 

 

Florilège de paroles entendues dans notre monde (2019-2021), notées dans mes carnets.

 

« — Tu me fais penser à George Michael dans son clip As, cette chanson avec Mary J. Blige. — Ah oui ? C'est flatteur ! Pourquoi donc ? — C'est à cause de ta moustache. » (Dans un bar (C'était moi qui demandai pourquoi).)

 

« Le ciel est trop bleu pour qu'on le voie aujourd'hui. » (Un jeune homme dans la rue, au téléphone.) [Ah non, ceci est de moi ; tant pis, je me suis trompé de phrase, c'est de ma faute et tout cela sera attribué à ce jeune homme aimable, qui dit plus ou moins la même chose...]

 

« Zut, j'ai perdu mes clefs, mais tu es là, non, tu es ma clef ? » (Dans une brasserie.)

 

 

 

 

19:25 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Glané

 

 

Florilège de paroles entendues dans notre monde (2019-2021), notées dans mes carnets.

 

« Moi, c'qu'je kiffe, c'est la beauté. » (Un jeune homme dans la rue.)

 

« J'm'en bats la moule. » (Une Parisienne élégante, dans la rue.)

 

« Pour moi, tu réalises pas, c'est le langage qui compte. » (Dans une brasserie.)

 

« Ouais, Vermeer, c'est pas mal, mais bon, quand même, tu vois, l'art street, c'est quand même plus sympa. » (Lors d'une exposition.)

 

« Macron, c'est nul, mais y a quoi d'autre, à part un roi ? Et un roi c'est nul aussi. » (Dans une brasserie.)

 

« Bla bla bla tout ça. Moi c'que j'aime, c'est l'amour sincère et authentique, enfin quelque chose comme ça. » (Dans un bar.)

 

« Mozart, c'est moyen. » (Lors d'une soirée privée.)

 

« Debussy, qu'est-ce qu'on s'emmerde ! » (Lors d'une soirée privée.)

 

« Le monde est une frite qu'on bouffe. » (Dans un commerce.)

 

« Une hostie, finalement, c'est comme une chips. » (Sur le parvis d'une église parisienne.)

 

 

 

12:28 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 01 novembre 2021

Des oiseaux et des avions

 

 

 

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Photographie prise dans le Journal de Nijinsky, Folio, Gallimard (1953), p. 37.

 

(Ô ce passage souligné, j'eusse pu l'écrire !)

 

 

 

05:42 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

jeudi, 01 juillet 2021

Des cachets (Anecdote)

 

 

Tout à l'heure, tandis que j'étais attablé dans une brasserie, un homme s'avisa que j'étais en train de lire quelque ouvrage ; il me demanda de lui montrer la couverture du livre. (C'était L'Homme approximatif, de Tristan Tzara, que je relis souvent.)

 — Qu'est-ce que c'est ? me dit-il.

 — C'est de la poésie.

 — Ah !... Vous prenez des cachets ?

 

 

 

mercredi, 09 juin 2021

De l'impératrice (Un souvenir)

 

 

Lors de la représentation, à l'Opéra Bastille, de La Femme sans ombre de Richard Strauss, à l'entr'acte, une jeune femme s'adressant à ses amis parmi les spectateurs déambulant dans les salles, et parlant très fort, dit soudain : — La nana en rouge, elle chante pas mal.

 

Un des amis miens, avec qui j'étais venu assister à l'opéra : — Madame, la nana en rouge, c'est l'impératrice !

 

 

(Note de carnet, 2012.)

 

 

mardi, 11 mai 2021

De l'aube à midi sur la mer

 

 

 

 

 

Claude Debussy, La Mer, Premier Mouvement, "De l'aube à midi sur la mer",
direction : Pierre Boulez.

 

(C'est à propos de ce merveilleux Premier Mouvement qu'Érik Satie fit part de ses impressions au compositeur lui-même en lui écrivant : « J'aime beaucoup le passage vers onze heures un quart », ce que j'ai toujours trouvé très drôle.)

 

 

 

dimanche, 11 avril 2021

Album de nuages

 

 

« — Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »

 

Charles Baudelaire, « L'Étranger », Le Spleen de Paris.

 

 

08:30 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

jeudi, 25 mars 2021

Avec les doux

 

 

« Il ne faut faire l'amour qu'avec les doux. »

 

(Nancy Huston, dans une émission récente sur Arte, 28 minutes.)

 

 

 

07:42 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

samedi, 17 octobre 2020

La répétition

 

 

 

Aimez-vous Érasme ?

 

 

L'obscur

 

 

 

 

12:15 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 16 septembre 2020

Où je lis Victor Segalen

 

 

 

 

 

 

Éloge et pouvoir de l'absence

 

Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,
 
Ni répondre aux censeurs, de ma voix ; aux rebelles, d’un œil implacable ; aux ministres fautifs, d’un geste qui suspendrait les têtes à mes ongles.
 
Je règne par l’étonnant pouvoir de l’absence. Mes deux-cent-soixante-dix palais tramés entre eux de galeries opaques s’emplissent seulement de mes traces alternées.
 
Et des musiques jouent en l’honneur de mon ombre ; des officiers saluent mon siège vide ; mes femmes apprécient mieux l’honneur des nuits où je ne daigne pas.
 
Égal aux Génies qu’on ne peut récuser puisqu’invisibles, — nulle arme ni poison ne saura venir où m’atteindre.
 
Victor Segalen, Stèles.
 
 
 

 

13:19 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 19 mai 2020

De la beauté

 
 
 
« La beauté n’a pas de nom, même si on l’appelle beauté. »
 
 
 
Janine Modlinger, Beauté du presque rien, Ad Solem, 2016.
 
 
 
 

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mercredi, 22 avril 2020

Où je lis Baudelaire

 

 

 

 

 

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LE SOLEIL

 

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses ;
Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !
 
Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes,
Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

 

Charles Baudelaire

 

(La page filmée provient du Tome I des Œuvres complètes de Charles Baudelaire dans la Bibliothèque de la Pléiade, 1975.)

 

 

 

16:30 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

samedi, 11 avril 2020

Où je lis Verlaine (1)

 

 

 

 

 

 

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CLAIR DE LUNE

 

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

 

Paul Verlaine 

 

(La page filmée provient de l'ouvrage « Verlaine, Fêtes galantes », "L'Œuvre manuscrite", Bibliothèque de l'image, 1997.)

 

 

 

 

 

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