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jeudi, 28 janvier 2021

De la Quarante-et-unième Symphonie

 

 

Je viens d'écouter la Quarante-et-unième Symphonie de Mozart ; c'est comme si cette musique sublime se rendait compte d'elle-même, c'est comme si elle dansait sur sa propre beauté !

 

 

 

 

18:01 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mardi, 19 janvier 2021

Du poème

 

 

 

Il faut parfois écrire des poèmes illisibles sur des feuilles de couleur, ne serait-ce que parce que tous les poèmes ne sont pas lus.

 

 

 

lundi, 18 janvier 2021

J'écoute

 
 
 
Le violoncelle est un corps de femme, le corps d'un homme un piano.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

19:38 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

vendredi, 15 janvier 2021

Du violon

 

 

 

L'usage du violon est plus ardu, dans le poème, que dans la musique.

 

(En écoutant Shéhérazade, de Nikolaï Rimsky-Korsakov.)

 

 

 

Dons

 

 

 

La splendeur, ou de vagues bruits : c'est ce que devrait, toujours, nous donner le monde.

 

 

 

 

11:13 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mercredi, 13 janvier 2021

De la harpe

 

 

 

L'usage de la harpe est plus ardu, dans le poème, que dans la musique.

 

(En écoutant le Prélude à L'Après-midi d'un faune, de Claude Debussy.)

 

 

 

 

mardi, 05 janvier 2021

Des insomnies

 

 

 

Les insomnies sont des îles innombrables sans archipel. Plus aucun bruit, par la fenêtre. Une seule fenêtre est allumée, dehors, dans l'immeuble qui fait face au mien : serait-ce, dans cette pièce, une personne qui veille ? Je ne la vois pas, il n'y a qu'un rideau jaune immobile, presque effrayant. À la radio, une pièce calme de Claude Debussy, ou un torrent de Carl Nielsen, qui comprennent la nuit et la solitude, et se superposent au silence souverain. J'aime et je redoute ce silence, cette vacance. Travailler... Ne troubler le sommeil de personne, malgré le téléphone possible, impossible. Mais il est trois heures du matin, c'est une heure personnelle que nul ne peut me prendre, et c'est aussi une dérive du corps et de la pensée. L'amour est absent, selon l'habitude, les amitiés sont absolument fausses, inaccessibles, irréelles. Nous ne serons jamais accompagnés, aucune psychologie ne saurait se rappeler sans tomber dans un gouffre déjà su. Le couvre-feu est instauré depuis des heures ; jadis, je me levais de mon lit froid, puis j'allais me promener autour des pâtés de maisons qui m'environnent et me sont désormais interdits d'accès. Et les rues sont dangereuses, désormais, à Paris : on y croise quelques possibles monstres, des prédateurs attentifs. Mon salon tapissé de livres et de musique sont mon labyrinthe connu, et ce vertige peuplé de portes fermées. Je n'attends plus qu'un soleil dont la lumière me semblera naïve. Et si tardive ! Les oiseaux, dans les buissons, dorment. Dans une heure, ils chanteront.

 

 

 

 

 

03:04 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

dimanche, 20 décembre 2020

Croisements

 

 

 

Depuis plus de vingt ans que je vis à Paris, je me suis beaucoup promené, et j'ai vu nombre de visages. Tout à l'heure, tandis que je me hâtais de rentrer avant le couvre-feu, je vis quelques yeux débordant des masques, et je me dis que j'avais nécessairement, au long de toutes ces années, croisé sans le savoir dans les rues de la ville, parmi les silhouettes que les journalistes prétendent anonymes, des personnes intéressantes ou inquiétantes : un danseur-étoile ; une chanteuse d'opéra ; un grand peintre méconnu ; un musicien égal peut-être à Mozart, mais dont les compositions ne sont pas à la mode ; un mécène fastueux, mais qui ne sait à qui donner, ou qui donne mal ; un assassin ; un agent secret ; un comte, un duc, une marquise ; un prince étranger, peut-être même un roi ; un dompteur de tigres ; un astronaute ; un spécialiste de Nil d'Ancyre ; un autre spécialiste, auteur d'une édition des Sermons d'Isaac de l'Étoile ; un traducteur des œuvres de Sozomène ; un amour que je n'aurai pas eu le temps de reconnaître ; l'un des plus grands poètes du monde... Tant d'autres, tant d'autres encore !

 

(Nuit du samedi 19 décembre 2020.)

 

 

 

samedi, 19 décembre 2020

Du poème

 

 

 

Le poème oscille sans cesse entre la célébration et le manque ; son cœur est leur union.

 

 

 

 

06:45 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mardi, 15 décembre 2020

L'or et les livres

 

 

 

J'ai trop de livres chez moi, je le sais ; ils grimpent et envahissent presque tous les murs de mon salon et de ma chambre. Je sais aussi que des ouvrages de ma bibliothèque je ne relirai guère que le quart. Et pourtant j'aime les savoir tous autour de moi ; je me comporte avec eux comme l'avare avec ses lingots d'or. Leur stabilité, leur impassibilité, leur silence me sont une bienveillance. Ceux que je relis (essentiellement des ouvrages religieux ou mythologiques, des livres de poésie, des livres de contes, quelques livres d'aphorismes, toute sorte de dictionnaires et d'encyclopédies thématiques, sans parler de tous mes beaux-livres dont je ne me lasse pas de contempler les images) ne me suffiraient pas ; il me faut également près de moi ceux que j'ai aimés, même si je les délaisse et les délaisserai. Ils sont autour de moi comme mon passé, mon histoire, mon bien, et presque ma pensée. Ils ne sont pas seulement alignés sur mes rayonnages : ils sont au fond de moi.