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vendredi, 19 juin 2015

Ronde des visages (dans la ville), 3.

 

...

 

 

Le visage qui n'y pense plus,

 

Le visage qui sait beaucoup trop qu'il est visage, celui qui ne sait pas assez qu'il n'est qu'un visage,

 

Le visage qui sait qu'il est encore un visage,

 

Le visage à gifler (mais on se retient...),

 

Le visage qui fait semblant de s'intéresser,

 

Le visage haineux, hostile, patibulaire, louche, qui cependant est encore un visage, mais non, ce n'est plus tout à fait un visage,

 

Le visage qui sifflote,

 

Le visage qui danse avec la musique, celui qui hante une musique qui n'a pas été composée, ou bien qui est oubliée,

 

Le visage...  On dirait celui d'un poète (?)...

 

 

(à suivre.)

 

 

 

18:05 Écrit par Frédéric Tison dans Minuscules, Ronde des visages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 23 mars 2015

Ronde des visages (dans la ville), 2.

 

 (1.)

 

  

Le visage dont on ne sait rien, dont on aimerait savoir quelque chose,

 

Le visage auquel on ne la fait pas, qui croit en, qui croit à, qui est certain,

  

Le visage qui n'est pas là, on se demande pourquoi,

  

Le visage d'un petit dieu, métamorphosé (ou en attente de l'être),

  

 Le visage qui croit fermement qu'il est un visage...

 

 

 (à suivre)

 

 

 

06:37 Écrit par Frédéric Tison dans Minuscules, Ronde des visages | Tags : frédéric tison, minuscule | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

jeudi, 15 mai 2014

Ronde des visages (dans la ville)

 

  


Chaque homme porte un livre en lui, une page, un feuillet qui n'a pas eu l'heur d'être publié, un défet certainement, perdu dans la ville. Lorsque l'heure me permet de me promener dans Paris (mais ce pourrait être n'importe quelle ville) ou de paresser à la terrasse d’une brasserie, levant les yeux de mon livre, j'aime regarder les visages des passants que je croise ou qui défilent devant moi, et je les dévisage, je le crois, sans être indiscret ni importun, et sans une convoitise dont mon propre visage serait le miroir — et puis, il faut bien dire que dans la ville peu de gens s'aperçoivent que vous les regardez. J'aimerais, car il manque à ma bibliothèque, un livre d'images  et de mots dont l'objet seul serait le visage.

 

ou bien


Les visages sont des pages, leurs histoires furent des livres, leurs passages furent le défet qui tombe des livres, et la rue est souvent la bibliothèque de livres qui ne furent pas écrits. Je me propose d'en livrer quelques fragments ici (si je suis dans la ville) et tout sera à poursuivre.

 

*

 

Il y a toujours le visage qu'on retient. Il y a aussi celui qui passe et qu'on ne retient pas : on n'y voyait rien, on était trop occupé, on était atroce et seul,

  

Il y a – celui-ci est très représenté – le visage qui ne regarde personne, qui ressemble aux corps qui marchent, voûtés, le dos encombré d’on ne sait quelles ailes absentes, et cependant si lourdes,

  

Il y a le visage beau et tendre, rapide, qu'on aime et qu'on aimerait ainsi que...,

  

Le visage inconnu qu'on reconnaît même en passant, cependant,



Le visage odieux, qui n'est pas le visage laid,  

 

Le visage qui a soigné,

 

Le visage qui a lu des livres d'écrivains – c’est, tout du moins, ce qu’on pense en déduire,

 

Le visage qui a lu des historiens (ibid.),

 

Celui qui a lu des philosophes, des métaphysiciens, des théologiens, etc.,

 

Le visage qui baisse les yeux mais qui nous a vu,

 

Le visage qui n'en peut mais,


Le visage d'une si belle femme qu'on se demande si elle sait qu'elle est si belle en son visage, mais non, si elle savait qu'elle était si belle, elle le serait moins...


 

(à suivre)

 

 

17:02 Écrit par Frédéric Tison dans Minuscules, Ronde des visages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |