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lundi, 15 août 2022

Du vouvoiement (3)

 

 

La poésie a quelque chose à voir avec le vouvoiement.

 

 

 

mardi, 26 juillet 2022

De l'approfondissement (et d'un mystère)

 

 

Nos yeux voient sans doute davantage que ce que nous voyons à travers eux. L'œuvre du poème est de le déceler, ou, à défaut, de le deviner.

 

 

 

jeudi, 30 juin 2022

De la poésie

 

 

La poésie : conjuguer le vent et l'oiseau avec le marbre.

 

 

 

mercredi, 29 juin 2022

De la poésie

 

 

Toujours, la poésie doit être bien habillée.

 

 

 

18:24 Écrit par Frédéric Tison dans Minuscules, Minuscules peintes, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 25 mai 2022

Vacance

 

 

Mes poèmes sont irrigués par la tendresse et la caresse — par l'absence aussi, par la vacance, par la blancheur.

 

 

 

jeudi, 28 avril 2022

D'une vulnérabilité

 

 

La poésie qu'un homme écrit n'est certes pas divine ; elle est peut-être, cependant, en partie, et selon des voies mystérieuses, inspirée par un dieu que le poète devine, en filigrane, parmi les ombres, un dieu dont il a du mal à définir les contours. C'est ainsi qu'il est un peu, et à sa mesure, Sémélé foudroyée par la vision du vrai visage de Zeus, son amant. Contrairement à Sémélé, il n'en périt pas sur le coup. Mais qui a touché au poème et s'en est approché a vu se dessiner l'âtre immense, des gouffres et des ciels. Sa vulnérabilité est faite de force, de flammes et de misère à la fois.

 

 

 

samedi, 23 avril 2022

Du sentiment de déclassement (Fragments)

 

 

Le sentiment de déclassement ne peut être éprouvé que par ceux qui aiment le rare.

 

Le sentiment du rare n'est partagé que par ceux qui aiment la beauté.

 

Le sentiment de la beauté n'est vécu essentiellement, aujourd'hui, que par ceux qui sont socialement déclassés.

 

La poésie n'est pas comprise parce qu'elle n'est pas à comprendre, ainsi que la musique.

 

Lorsqu'on prétend la comprendre, la musique n'est nullement entendue.

 

Dès que l'on nie la hiérarchie, on est très adapté à ce monde qui met sur le même plan quelque sottise et quelque bouleversante création, à ce langage officiel du monde qui ment tout le temps ; de même, si l'on observe la hiérarchie évidente des pensées et des corps, par exemple, si l'on dit que cet oiseau, ce colibri, est plus beau que cet autre oiseau qui est pigeon, et aussi que ce livre, et ce visage, et cette attitude sont plus beaux que d'autres, on est déclaré inapte, méprisant, et dénoncé pour cela. La ruine n'est pas loin, et le déclassement se poursuit, en cascade.

 

J'ai dit une fois à quelqu'un que quelque chose était de couleur bleue, mais bon, on me répondit qu'elle était rouge. Le désespoir devant cette absence d'échange mène à une solitude renouvelée, supplémentaire même, dont je me serais bien passé. Le malheur, c'est l'absence d'une évidence partagée, c'est l'image même du manque.

 

« Ô solitude... » (Henry Purcell.)

 

Je déteste le ciel bleu lorsqu'il est uniformément bleu, de ce bleu qui est une forme de violence. Je n'aime que les nuages, lesquels sont à la fois beaux, rêveurs, et uniques. Ils ne jugent pas, ils passent.

 

 

 

mercredi, 02 mars 2022

Retenir

 

 

J'ai lu beaucoup de livres de poésie, mais, à vrai dire, je n'en ai pas retenu beaucoup de vers, et encore moins des poèmes entiers. Je connais par cœur certains poèmes de Maurice Scève, de Charles Baudelaire, de Paul Verlaine, de Stéphane Mallarmé, de Victor Segalen et de Pierre Jean Jouve, parmi d'autres encore — mais cela est peu, et, surtout, surnagent avant tout quelques vers d'entre eux, justement, comme quelque air ou "passage" d'une musique aimée. À cet égard, et en miroir, me semble-t-il, alors que je ne suis qu'un piètre musicien et que je ne suis pas un musicologue, je connais par cœur et peux me les remémorer sans peine dans le silence (ou bien anticiper, lorsque je les écoute, toute la poursuite, dans la durée sonore) l'opéra entier Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, l'air « Allein ! » de l'Elektra de Richard Strauss et la Valse des fleurs de Tchaïkovski, par exemple : tout cela est curieusement inscrit sous mon crâne, je ne saurais l'expliquer ; je puis renouveler dans mes pensées ces moments à volonté. Ma mémoire, cela dit, n'est pas aussi favorable à la beauté que j'aimerais : elle sait aussi par cœur des choses nullissimes, telle la chanson de variétés « La danse des canards », l'une des choses les plus stupides que j'aie jamais pu entendre. (« Oh la honte ! », comme on disait naguère (id est : Imagine-t-on les sons de cette sotte et désolante hideur dans les jardins de Versailles, dans les plus belles villes du monde, à Prague, à Saint-Pétersbourg, à Florence, à Kandy ?).) Il y a peu, je me suis rendu dans un appartement où l'on fêtait quelque anniversaire ; cette chose (ne la qualifions plus de chanson, car ce serait insulter les véritables et belles chansons) fut diffusée, à ma grande stupéfaction, mais plus grand encore fut mon effarement de m'apercevoir que je la reconnaissais. Et je me suis dit : « Frédéric, voyons, il faut faire taire cela en toi ». Tsss... Que faire, sinon passer, car, comme l'a écrit Pascal Quignard dans La Haine de la musique, les oreilles n'ont pas de paupières ? 

 

 

 

mardi, 22 février 2022

Demeurer

 

 

Le poème est le langage qui demeure.

 

 

 

 

mardi, 01 février 2022

Opposition

 

 

Aux violences, aux dénonciations, à la laideur, à la sottise, à l'absence terrible d'amour, à la carence, à l'esquive et au refus de toute tendresse, il s'agit d'opposer le Poème, lequel n'est pas leur contraire, mais leur solution, leur lac, leur silence, leur athanor.

 

 

 

10:34 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

samedi, 29 janvier 2022

Ouvrir

 

 

Le poème ouvre grand les yeux.

 

 

 

samedi, 15 janvier 2022

Retenir

 

 

Toute musique retient sa tristesse (ainsi que le poème).

 

 

 

mardi, 11 janvier 2022

Devenir

 

 

Il m'apparaît que le musicien voudrait devenir sa propre musique, comme le poète voudrait devenir son propre poème.

 

 

 

dimanche, 12 décembre 2021

Des confidences et des trahisons

 

 

 

Il ne sert à rien, il est même néfaste, je l'ai découvert récemment à mes dépens, de vous confier à ceux dont vous constatez brutalement qu'ils vous jugent sans d'abord vous écouter véritablement ni tenter de vous comprendre, car ils s'imaginent qu'ils ont raison par avance. Ils vous dénonceront avec un air vertueux et sentencieux qui n'est que le masque de leur impuissance ou de leur médiocrité — L'excuse de l'impulsivité étant, ici, nulle. C'est ainsi, devant cette malfaisance doublée souvent de quelque sottise, qu'il est loisible de mesurer notre solitude d'oiseau étrange. — C'est ainsi que nous mesurons, bien habillés au possible parmi la laideur répandue, notre qualité d'êtres aptères, les yeux levés vers le ciel. Ne vous confiez qu'à vous-même, hélas ! — ou bien à deux ou trois amis choisis, choisis extrêmement, qui vous ont déjà manifesté que quelque secret était, avec eux, en sécurité ; ou bien dans les pages de livres que vous composerez, mais que très peu liront vraiment. Nos pages sont nos ailes d'attente, douces, violentes, fébriles et patientes à la fois. Un vrai lecteur y découvrira votre confidence, vos terreurs, vos amours sur un fond blanc. — Un autre passera, il feuillettera, rapidement : il n'aura pas su vous lire, et encore moins vous voir ; cela n'aura plus aucune incidence ; il passera ainsi qu'un croassement de corbeau.

 

 

 

Du hiatus

 

 

 

Des hiatus sont inévitables dans la langue française. Dans le poème, c'est un grand dommage. Quoique, certes : "la suie ignoble des quinquets" (Mallarmé). Dans mon livre Aphélie, je me souviens d'avoir été très ennuyé par quelque formulation. J'écrivis : "As-tu été le voyageur / [...] ?" Je n'en étais pas totalement satisfait. Pourtant j'ai laissé telle quelle, au terme de nombreuses tergiversations intérieures, cette suite de mots parce qu'aucune autre n'eût été meilleure, à mon sens : "Fus-tu le voyageur", non (laideur !) ;  "Est-ce que tu as été le voyageur", non plus (lourdeur !) ; "Et si tu avais été le voyageur", non, non (ce n'était pas là ce que je voulais exactement exprimer et traduire). Donc : "As-tu été le voyageur", qui n'est pas mon meilleur vers ; il ne pouvait cependant qu'accueillir (en tremblant) le hiatus, dissonance qui est dans la langue, peut-être, l'un des miroirs ou l'un des fragments de la vie. 

 

 

 

12:16 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |