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samedi, 09 décembre 2017

Ciels des Heures

 

 

 

      Tout flâneur amoureux, lors d'une exposition de tableaux, a l'occasion d'entendre des sottises : il y a presque toujours quelqu'un pour déclarer que tel tableau n'irait pas très bien dans son salon, ou bien au contraire qu'il irait très bien au-dessus du canapé. L'un s'esclaffe et prétend que décidément son fils ferait aussi bien que le peintre, quand l'autre fait la moue devant ce qu'il qualifie de « banal » ou de « déjà vu ». Lorsque je visitai l'exposition « Georges Michel, le paysage sublime » au monastère royal de Brou, peu de monde, bienheureusement, était présent ; j'eus cependant le loisir d'entendre un visiteur s'exclamer que tous les tableaux du maître se ressemblaient, que ce n'était là que des variations, sans grande variété ni originalité, sur un même motif. Quelle erreur, quelle absence de regard ! Bien sûr, le peintre dessina essentiellement des paysages ; bien sûr, dans la peinture renouvelée des ciels résident sa recherche et son génie. Mais qui niera que chaque ciel est unique, dans ses toiles, et qu'il s'agit là d'une poursuite éperdue de la peinture d'un instant, que cet instant soit celui du matin, de l'après-midi, du soir, que cet instant soit celui qui précède immédiatement l'orage, qu'il soit celui d'un soleil violent, qu'il soit celui de la pluie, ce jour-là, à cette heure précise ? Chaque nuance, chaque couleur du ciel et des nuages, sont une œuvre unique, magnifique, essentielle pour le peintre de Montmartre. Ce visiteur n'avait pas vu que Georges Michel était le peintre des Heures du ciel.

 

 

 

 

 

mardi, 05 décembre 2017

L'irrésistible

 

 

 

Je ne parle presque que des ciels, chez Georges Michel ; bien sûr, il y a la terre aussi, il y a les moulins, et parfois toute une petite foule de personnages. Mais les toiles de Georges Michel font d'abord lever les yeux. Ce sont des ciels irrésistibles.

 

 

 

dimanche, 03 décembre 2017

Ô collectionneurs !

 

 

 

Ô collectionneurs ! Ces cartels de tableaux qui, dans une exposition, indiquent que telle toile appartient à une « collection privée », ces cartels me font rêver. Dans quel château, dans quel hôtel particulier, dans laquelle de leurs salles se trouve ordinairement cette toile que j'aime et que je contemple là ? Qui est le propriétaire, est-il prince, mécène, rentier, est-il un amateur qui se ruine dans l'achat d’œuvres aimées, est-il artiste lui-même, poète, écrivain passionné ? Fait-il visiter à ses amis sa collection privée, dans une galerie magnifique ou dans une mansarde, ou bien a-t-il enfermé son tableau chèrement acquis dans le coffre obscur d'une banque ? Qu'est-ce que cela fait, d'avoir une peinture de Georges Michel dans son salon ? Pour ma part, j'ai accroché sur mes murs quelques œuvres originales d'artistes contemporains que j'aime ; je l'avoue, il m'arrive de les regarder à présent plutôt distraitement, et pourtant elles n'ont pas cessé d'être belles. Si j'avais La Sablonnière ou L'Orage sur la vallée de la Seine dans ma chambre, m'en lasserais-je peu à peu, ainsi qu'un corps aimé que l'habitude et le temps qui passe rendent moins désirable, tandis qu'il reste inégalable et neuf selon d'autres yeux ?

 

 

 

 

06:00 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Musée d'un regard | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 29 novembre 2017

Vibrations de l'orage

 

 

 

 

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Georges Michel (1763-1843), L'Orage (1828) (Musée d'art de Toulon),
à l'exposition « Georges Michel, le paysage sublime »,
au monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, photographie : octobre 2017.

 

 

L'inquiétude sourd de cette toile. Non loin des arbres déchirés, la jeune femme et son enfant, suivis par un petit chien, semblent se hâter de rentrer avant que le ciel éclate. Que font ces trois personnages sous l'arbre, à droite ? On dirait qu'ils ne s'aperçoivent pas encore que  l'orage est imminent, ni que la lumière est infiniment fragile, et tremblante.

 

 

 

mardi, 28 novembre 2017

Le ciel encore

 

 

... Où le ciel devient extrême, et où Georges Michel livre son regard ; voici :

 

 

 

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Georges Michel (1763-1843), La Plaine Saint-Denis (vers 1810-1820)
(Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis),

à l'exposition « Georges Michel, le paysage sublime »,
au monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, photographie : octobre 2017.

 

 

 

 

 

vendredi, 24 novembre 2017

Une règle pour la vie

 

 

 

Se souvenir de l'inconstance absolue.

 

 

 

 

 

 

 

18:59 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Ciel gris blanc

 

 

 

Je me souviens de la première fois que je découvris un tableau de Georges Michel : c'était en 2009, au Louvre. La toile, si je ne me trompe pas, était une récente acquisition du musée, et elle était exposée dans une salle consacrée, de façon provisoire (et dans les années qui suivirent, elle disparut des salles du musée, si bien que je la revis seulement en octobre 2017, à l'occasion de l'exposition au monastère royal de Brou). Je me rappelle mon immédiat amour, devant un ciel tourmenté, devant une toile aux couleurs d'une palette certes restreinte mais toute en nuances dans les blancs, les gris, les ocres. Je contemplais alors la Vue de la Seine avec une diligence, où ruissellent la terre et le ciel.

Si la facture du paysage reste assez classique, le ciel violemment brossé annonce toute une peinture à venir, et non seulement l'École de Barbizon ou les Impressionnistes. Georges Michel a peint là un ciel inoubliable.

 

 

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 Georges Michel (1763-1843), Vue de la Seine avec une diligence (Musée du Louvre),
à l'exposition « Georges Michel, le paysage sublime », 
au monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, photographie : octobre 2017.

 

 

 

 

 

jeudi, 23 novembre 2017

Premiers ciels

(Où je bouscule un peu la chronologie de ce blogue, avant de revenir au mois d'avril 2017 ; je briserai encore, de loin en loin, cette chronologie.)

 

 

 

Les ciels de Georges Michel sont encore quelque peu timides, dans ses premiers tableaux, lesquels, lorsqu'ils n'en sont pas des copies, sont de beaux hommages à Ruysdael, Cuyp ou Hobbema ; ses ciels ne se distinguent guère de ceux de leurs toiles. Admirons des ciels certes intenses et riches, mais toujours sereins, les nuages teintés de roses ou lourds de pluie demeurant les lents vaisseaux calmes d'un ciel que Dieu a créé. Des maîtres hollandais du paysage, Georges Michel est encore ici l'admirateur éperdu, avant d'en devenir le continuateur talentueux et bientôt le génial recréateur.

 

 

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Georges Michel (1763-1843) & Jacques Swebach-Desfontaines (1769-1823),
La Carriole dans le chemin avec deux cavaliers (Collection privée),
à l'exposition « Georges Michel, le paysage sublime »,
au monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, photographie : octobre 2017.

 

 

 

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Georges Michel (1763-1843) d'après Jacob van Ruysdael (1628/29-1682),
Les Blanchisseuses de Haarlem (Musée de l'Oise à Beauvais),
à l'exposition « Georges Michel, le paysage sublime »,
au monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, photographie : octobre 2017.

 

 

Georges Michel sur ce blogue.

 

 

 

 

mardi, 21 novembre 2017

L'invention du poème

 

 

 

« Si vous ne trouvez pas une prière qui vous convienne, inventez-la », écrivait saint Augustin dans De la Doctrine chrétienne. Remplaçons le mot prière par celui de poème (mais tout poème n’est-il pas à sa façon une prière ?), et nous percevrons à mon sens l’origine du désir qui préside à la création d’un poème : ce dernier, qui maintenant se déploie sur la page, est celui que nous n’avions pas encore lu, que nous souhaitions voir arriver au jour, par notre voix particulière.

 

 

 

05:54 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mardi, 14 novembre 2017

La saine méfiance

 

 

 

Ma méfiance grandit de jour en jour à l'égard de l'informatique : ces ordinateurs qui ralentissent inexplicablement ou presque, ces fichiers instables sur des sites numériques qui ne le sont pas moins, ces "clefs USB", ces "disques durs externes" que l'on peut briser, qui peuvent brutalement ne plus fonctionner, cette électricité, surtout, dont tout dépend, dangereusement, sont infiniment peu fiables, infiniment précaires, bien plus que l'air du temps, toujours plus ou moins optimiste, et toujours aveuglé peu ou prou, le laisse croire.

Un livre jamais fut-il en panne, un livre jamais se brisa-t-il ? Je songe souvent aux manuscrits de Nag Hammadi, qui furent découverts en 1945 et qui préservèrent une part de l'héritage livresque gnostique des Ier et IIe siècles : ce sont là des codex faits de papyrus, que menacent certes encore l'insecte, le feu et l'eau ; je me souviens des manuscrits sur parchemin du Xe ou du XIe siècles que, ganté de blanc, je feuilletais dans quelques bibliothèques, et qui semblaient si vulnérables ! Ceux-là cependant sont moins frêles que l'écran sur lequel vous lisez ces mots, Lecteur de passage ; de ceci je suis désormais certain.

 

Il reste que je ne confie cela qu'à l'Internet, car, contrairement à tout ce que j'écris, ces mots ne naquirent que par un clavier d'ordinateur.

 

 

 

18:21 Écrit par Frédéric Tison dans Autour du livre, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |