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vendredi, 14 août 2020

Voyage en Chine (avril-mai 2019) — Notes de carnet, extraits (2)

 

 

Mardi 23 avril 2019

5 h 57. Je me lève. Je suis éveillé depuis une heure (…).

Je devrais mieux poursuivre l’écriture. Elle est encore une fois mon bien, un bien qui seul m’appartient, que seul je puis entretenir si je fais l’effort – trop rarement, de façon souvent trop espacée, même si celle-ci est quotidienne – de le poursuivre. Tous mes livres ont été écrits par fragments, et cependant ils sont nés comme entiers de mes pensées. L’écriture les a rassemblés harmonieusement. Or l’harmonie était là auparavant. Elle précédait, devançait. Comment rendre l’écriture présence et soutien permanents ? Comment réunir les pièces éparses de l’harmonie ?

*

Passeport à présenter par-ci, passeport à présenter par-là, à chaque étape ou presque de mon séjour. Hier, on a photocopié mon passeport au guichet de l’hôtel en sus de m’avoir photographié ! Tout ici est méticuleusement organisé, nous sommes contrôlés en permanence. Les caméras sont partout, elles quadrillent littéralement le territoire ; j'en viens à me demander s'il n'y en a pas derrière les miroirs de ma chambre, ou s'il n'en est pas de cachées dans les détecteurs de fumée.

*

La fenêtre de l’hôtel ne s’ouvre pas, elle semble verrouillée. Elle donne sur de gigantesques gratte-ciel et des chantiers de gratte-ciel ; la vue n'est pas réjouissante. – Ah, mais si, je suis parvenu à entrebâiller une des vitres du double vitrage ; je peux à peine passer le bras dans l’étroite ouverture, et l’objectif de mon appareil photographique.

 

SAM_6668.JPG

Vue, de ma chambre d'hôtel, sur des chantiers de construction, au matin,
à Shanghai, en Chine, photographie : avril 2019.

 

*

(En voiture.)

Mon chauffeur se nomme Yang Yu (ce qui signifie « Soleil Lune ») ; il conduit une Cadillac noire aux sièges en cuir beige. Je circule en Cadillac dans Shanghai : je n’aurais jamais pensé écrire un jour une telle phrase !

 

(à suivre.)

 

 

22:52 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Voyage en Chine | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Un chemin

 

 

 

La Beauté ne nous répond pas. Le trajet est absent, à l'image de tout. À nous de forcer le chemin.

 

 

 

 

17:24 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 12 août 2020

Voyage en Chine (avril-mai 2019) — Notes de carnet, extraits (1)

 

[Ces notes de carnet ont été, pour la plupart d'entre elles, composées durant mon voyage lui-même, souvent dans un style abrégé que j'ai corrigé ici. J'y ai ajouté quelques notes écrites à mon retour, à Paris, et j'en ai retiré d'autres.]

 

 

 

Dimanche 21 avril 2019

Un voyage ne saurait panser, je le sais bien. Je vais cependant bientôt m’envoler pour la Chine !

(…)

Voilà plus de trois heures que j’attends dans la salle d’embarquement de l’aéroport de Roissy, qui bourdonne de conversations. J’aimerais prendre l’air, mais aucun balcon, aucune terrasse, aucune fenêtre ne sauraient s’entr’ouvrir. « Qu’on ouvre les fenêtres ! », prétend-on que Louis XIV ordonnait dès qu’il pénétrait dans une salle fermée.

*

Escale à Francfort. Impossible encore de sortir prendre l’air, nous voyageons désormais comme dans une bulle de verre et de métal – le vent est vraiment, toujours, ce qui me manque. Moi qui n’aime écrire qu’à ma table, devant ma fenêtre ouverte, ou dans la rue, sur les terrasses sans paravent, dans les jardins, assis sur un banc, je suis servi. Mais je ne parviens pas à lire, l’espace est à la fois vaste et confiné, et cette vacance forcée qu’est l’attente interminable de l’avion pour Shanghai me fait quelque peu tourner en bourrique hébétée… Dix ou onze heures de vol m’attendent.

(…)



Lundi 22 avril 2019

(Dans l'avion Francfort-Shanghai.)

Distance restante : 9 232 km.

Temps de vol restant : 10 h 21.

Ces chiffres vertigineux que je lisais tout à l’heure sur l’écran fixé au dos du siège qui me fait face sont devenus 2 048 km et 2 h 23.

J’ai réussi à écrire un peu, malgré les nombreuses « turbulences », ces secousses un peu inquiétantes qui parsèment notre parcours. J’ai pu dormir quelques heures : l’avion est seulement rempli pour moitié, et aucun fâcheux ne s’est manifesté, hurleur, renifleur en série, enfant roi. Il est désormais six heures du matin à Paris, midi à Shanghai, ville dont j’approche. Oh ! Je serai bientôt en Chine !


*

(Le soir, à Shanghai.)

Shanghai compte 24 millions d’habitants – ville colorée, monstrueuse et tentaculaire où j’ai circulé tantôt en voiture, tantôt à pied, dans le vacarme et le nombre. Des gratte-ciel effrayants côtoient de petites maisons anciennes (du XVIIe siècle je crois) tout à fait remarquables, telles que celles qui sont éparses dans le Jardin du Mandarin Yu – de beaux et élégants pavillons de bois sombre entourés d’arbustes et surtout de « pierres de jade » imposantes qui ne sont pas en jade mais s'offrent ainsi que des chefs-d’œuvre naturels de pierre aux formes baroques produits par les eaux et les mouvements de la terre – L’Europe s’en sera largement inspirée pour ses bosquets de rocaille et ses « grotesques ».

Il pleuvait dans le jardin, et mes photographies sont assez sombres, hélas.

(…)

Vu dans le spacieux Théâtre Central de Shanghai un spectacle inégal d’acrobates et de mimes – quelques très beaux moments. Mais la troupe, la « Shanghai Acrobatic Troup », semble parfois surjouer la « Chine authentique » et parodier involontairement sa propre culture, un peu comme en France Versailles est mis à toutes les sauces, plus ou moins heureuses.

(…)

La guide qui m’accompagne, de son prénom Lian (son nom complet, D. Lian, signifie « Lotus d’hiver » en chinois), et qui se fait appeler Hélène à l’occidental (ce que je trouve absurde ; ce n’est certainement pas à elle de s’adapter), est une jolie jeune femme d’une vingtaine d’années ; elle parle l’anglais et assez inégalement le français ; son français est cependant remarquable car cela ne fait que quatre ans qu’elle apprend notre langue. Elle est efficace, fiable, gentille. Son quotidien doit être difficile ; j’apprends qu’elle vit dans un appartement de 10 m2 pour 2 000 yuans par mois (soit 300 euros), la paie médiane en Chine. Tous les matins et les soirs, elle passe une heure debout dans le métro entre son domicile et son travail.

*

Le « wifi » qui ne fonctionne pas dans la chambre d’hôtel est agaçant. J’ai pourtant moi-même fait examiner mon téléphone portable au guichetier qui l’a tripoté dans tous les sens, mais rien n’y a fait. Impossible d’envoyer quelque message à quiconque en France.

 

(à suivre.)

 

 

 

12:30 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Voyage en Chine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

jeudi, 06 août 2020

Laisser

 

 

 

Il faut laisser la musique pleurer pour nous.

 

 

 

 

mardi, 16 juin 2020

Caresser

 

 

 

Tout à l'heure, deux oiseaux se sont posés sur la balustrade de ma fenêtre, face à mon bureau. J'ai approché la main. L'un d'eux s'est envolé soudain, effrayé, l'autre non ; je lui ai caressé la tête un instant ; il était si joli, avec son petit corps et son petit bec. On ne sait pas ce que pensent les oiseaux.

 

 

 

 

18:33 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

jeudi, 04 juin 2020

Les deux orages

 

 

 

Tandis qu'éclatait, hier soir, dans le ciel de Paris, un très violent et magnifique orage, Radio Classique diffusait le Quatrième mouvement de la Sixième Symphonie de Beethoven. Ces deux orages semblaient se répondre : c'était à celui qui gronderait le plus fort et ferait briller le plus grand nombre d'éclairs.

 

 

 

mercredi, 03 juin 2020

L'horizon

 

 

 

Un oiseau s'est envolé de la phrase. Il faut que l'oiseau soit l'horizon de nos phrases.

 

 

 

 

08:41 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

dimanche, 17 mai 2020

Du monde

 

 

 

Le monde nous est hostile. Quelque chose, dans le monde, est manqué. Seuls le poème et la musique nous sauvent, dans l'instant. C'est sans doute la raison pour laquelle nous devons tout éprouver

 

 

 

 

21:41 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

samedi, 16 mai 2020

Des couleurs

 

 

 

Les couleurs des encres et celles de l'aquarelle sont des pensées.

 

 

 

 

mardi, 12 mai 2020

De la musique

 

 

 

Il est des pièces de musique qui sont de la tendresse inachevée.