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mardi, 25 décembre 2018

D'une mémoire

 

 

 

Les Anciens avaient conçu un Art de la mémoire qui consistait à se représenter un lieu à la fois simple et savant, palais, temple ou villa dans lesquels chaque escalier, les corridors, chacune des salles, et à l'intérieur de celles-ci chaque meuble, chaque étagère et chaque tiroir étaient l'occasion de ranger ses mots et ses images en associant chacun d'eux à ces lieux précis pour ensuite, lors d'un exercice de la pensée qui parcourait ces lieux à nouveau, retrouver à volonté sans effort mots et images. Cet art s'est perdu, et nous n'en avons qu'un aperçu, sans le secours du rappel des techniques précises alors nécessaires à son acquisition.

J'y songe, en feuilletant mes albums de photographies : ma mémoire contient et se représente à elle-même ad libitum certaines de mes images, celles que j'ai placées dans les corridors de mes pages.

 

 

 

 

lundi, 24 décembre 2018

Écrire

 

 

 

Écrire, c'est, aussi, vouloir ajouter à la beauté du monde, ou, tout du moins, souhaiter la souligner.

 

 

 

 

06:14 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

jeudi, 20 décembre 2018

De silences

 

 

 

Les silences qui séparent la publication de l'un et l'autre de ses livres font partie de l'œuvre d'un auteur.

 

 

 

 

 

05:25 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 14 décembre 2018

Habiter la terre

 

 

 

Quelqu'un, un jour, naguère, habita cette terre terrible, indifférente et magnifique, et toujours menacée, la nôtre, et il inventa, il construisit le château de Champs ; dans son esprit était la splendeur, qu'il souhaita manifester avec des pierres, avec des ordonnancements, avec l'espace et l'eau, avec des silences de statues, des bassins rêveurs et des tapis d'herbes vides et rêveurs pour répondre à la splendeur naturelle, pour répondre au chant qu'il entendait. Quelqu'un, ai-je dit ? Ce fut sans doute moi, dans une vie antérieure ! Je m'en souviens, oui, c'était bien moi...

 

 

 

 

mardi, 13 novembre 2018

La princesse Naguère

 

 

(Lecture d'un conte, avec des élèves de onze et douze ans.)

 

— « Il existait naguère une princesse... » Que signifie "naguère" ?

— C'est le nom de la princesse ?

 

 

 

15:50 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

jeudi, 08 novembre 2018

Respiration

 

 

 

L'odieuse chaleur a cessé de se répandre dans Paris... J'ai su, encore, que beaucoup de la terreur d'être au monde lui appartient : la chaleur excessive est petitesse, étroitesse, puanteur, décomposition déjà. Tout vent frais balaye la laideur : il ouvre les fenêtres, il rêve et glisse sur les terrasses, il est air, santé, espace, immensité. Il est selon lui-même cette salle de dalles sonores où son esprit résonne.

 

 

 

 

17:02 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'amitié manuscrite

 

 

 

Il est si rare aujourd'hui de recevoir une lettre manuscrite que c'est une émotion d'ouvrir l'enveloppe et de découvrir des caractères qui semblent autant de signes d'amitié vive et de complicité.

 

 

 

 

16:34 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mercredi, 07 novembre 2018

D'une ville

 

 

 

Nantes, m'a-t-il semblé, n'est pas, n'est plus devrais-je dire, une belle ville — J'y suis venu avec ma passion des villes d'histoire et de toute ville, et je fus déçu : l'harmonie qu'elle dut connaître n'est plus, il n'y subsiste seulement que des îlots de beauté, maisons, château, cathédrale et portes... Il en est ainsi, je crois, des villes qui ne s'aiment pas : leurs administrateurs ne savent plus la beauté d'une rue, d'une perspective, d'un angle, d'une fenêtre — d'une porte ; on circule là dans un lieu qui méprise son passé, qui ne regarde plus son ciel et ses couleurs, son air. Nantes est sans doute à l'image de notre époque : elle n'est qu'une addition d'îles ignorées, loin de tout archipel — celui qu'avait lentement construit des centaines d'années.

 

 

 

 

20:08 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

lundi, 05 novembre 2018

Le temps étonné

 

 

 

Je lis et j'aime quelqu'un qui écrivit solitaire en 1150. Comme je me souviens de lui ! Comme tu me manques, mon Lecteur, mon complice de l'an 2540 !

 

 

 

 

16:01 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 19 octobre 2018

Veille

 

 

 

Le poème est une veille supérieure.