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jeudi, 01 octobre 2015

Actualité prochaine

 

 

 

N'en doutons pas : nous apprendrons bientôt que les couleurs de l'arc-en-ciel sont des nuances de gris.

 

 

 

 

 

22:43 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

lundi, 28 septembre 2015

D'une eau

 

 

 

Eh ! Que nous importe que de l'eau coule sur Mars, ainsi que nous l'apprend aujourd'hui la Nasa ! C'est ici et maintenant, sur la Terre, que nous avons besoin de plonger dans une eau nos mains sèches, nos mains avides, nos mains tremblantes et éphémères. C'est toute l'eau de ce monde que nous attendons non celle d'une planète hostile et rousse.

 

 

 

 

18:49 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mercredi, 16 septembre 2015

Des nouvelles de Marcellus

 

 

 

Lorsque Pelléas demande à Arkel de quitter la terre d'Allemonde afin d'aller visiter Marcellus, son ami, qui est mourant, le roi le lui interdit, arguant qu'il lui faut attendre le retour de son frère Golaud, qui vient mystérieusement d'épouser Mélisande.

 

Il est tout de même étonnant que nul ne se soit inquiété, de 1902 jusqu’aujourd’hui, du sort de cet ami qui avait nom Marcellus.

 

Ne seraient-ce que la lassitude et l'inconstance ; je n'y vois certes que cela ; quoi d'autre ?

 

 

 

 

samedi, 12 septembre 2015

Chambre 30

 

 

 

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À l'hôtel de Calais, au Tréport,
photographie : mai 2015.

 

 

(Il est des photographies qui ne font rêver que leur photographe...)

 

 

 

vendredi, 11 septembre 2015

Que viennent

 

 

 

Si seuls comptent les actes de qui aime, pourquoi se plaindre d'une absence ? À quoi bon rêver l'ombre inconnue ? L'approche de l'automne n'autorise plus l'attente ni l'impatience ; nous n'avons guère plus à n'en pouvoir mais.

 

Vienne l'automne, vite ! Viennent les nuages, viennent le vent, le froid tendre, complice et lointain, le froid qui demande aussi, et la pensée de la neige, la solitude de toutes les feuilles, des millions de traces dans la ville ; nous dirons, comme nous le disons dès aujourd'hui : « Vive les nuages ! etc. »

 

(Et peut-être l'imminence est-elle plus belle encore.)

 

 

 

 

 

18:05 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 31 août 2015

En pensant à un musicien qui naquit à Honfleur

 

 

 

Aux amoureux de la beauté et aux Tristes peut-être faudrait-il (non : cela est certain) seulement une salle sobre, haute et solitaire, dont les fenêtres seraient ouvragées, splendides et calmes ; dans un coin, un vieux coffre ; un sol quasi nu ; une table, une chaise, un fauteuil ou deux, si l'être aimé est de passage, ou quelque ami s'il comprend, ou même s'il ne comprend pas ; de loin en loin, montant parmi les rayonnages de la bibliothèque jusqu'au plafond, tous les livres aimés dans ce monde, de poche ou en édition originale ; du papier, de l'encre ; quelques beaux dessins et photographies rêvant sur les murs, qui attendraient les regards profonds ; et, résonnant dans le silence parcouru d'oiseaux et de vents, lorsque n'importe quel pont-levis serait enfin levé, la musique la plus lente, la plus ironique, la plus tendre et la plus belle d'Érik Satie.

 

 

 

 

L'heur

 

 

 

 

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Le Vieux Bassin, à Honfleur,
photographie : mars 2015.

 

 

C'est ici la photographie d'une occasion de quelques secondes, lorsqu'un soleil violent, et soudain, illumine quelque scène devant notre regard en perçant les nuages d'un beau ciel sombre et lourd — et cette splendide lumière détachée sur l'obscur, comme j'aimerais toujours la rencontrer dans les plus beaux lieux, devant les plus merveilleux châteaux, dans les plus belles villes, ou face à la mer ! Elle ne dure que cet instant qui ressemble à l'acmé du désir demeuré désir.

 

 

 

 

 

mardi, 07 juillet 2015

Retour d'une promenade

 

 

 

Déjà le passant curieux connaissait, dans la ville, ces si nombreux visages qui ne regardent pas, qui ne croisent aucun regard, qui ne lèvent pas les yeux vers les arbres, le ciel, l'harmonie des façades ou le pittoresque d'un détail. Désormais se multiplient les visages qui n'écoutent pas, affublés qu'ils sont d'« oreillettes » comme de laisses canines ; les corps passent, insensibles, pressés, indifférents à tout ce qui n'est pas eux. L'homme dans la ville moderne est devenu un obstacle, et c'est à peu près tout. À Paris, la progressive disparition des bancs publics, dans les rues, ajoute encore à  cette hostilité froide qui se prétend fluidité. Et dire que l'on déplore la raréfaction de l'amitié, du poème, et des amis du poème, comme si cette dernière ne trouvait pas là quelque mauvaise source ou quelque accompagnement !

 

 

 

 

16:56 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

dimanche, 05 juillet 2015

Des nouvelles du sublime

 

 

 

 

Jean Sibelius, Suite du Roi Christian II (1898), [V.] « Nocturne »,
dirigé par Neeme Järvi.

 

 

Ah, si j'avais pu écouter cela en me promenant dans le parc du château de Combourg !

 

 

 

vendredi, 03 juillet 2015

Si le château

 

 

 

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Le château de Combourg (XIIe-XVe s.), en Ille-et-Vilaine,
lieu de la jeunesse de François-René de Chateaubriand,
photographie : février 2015.

 

 

Il est des châteaux qui sont d'extraordinaires et rêveuses pensées de pierre — on pénètre en leurs domaines comme on ouvre à nouveau les pages d'un livre aimé, et dont on se souvient. Le château de Combourg est l'une de ces pensées : des passages des Mémoires d'outre-tombe, lecture de ma jeunesse, me sont soudain, alors, revenus à la mémoire ainsi que jadis, à celle de Marcel, les dalles inégales du baptistère de Saint-Marc à Venise, lorsqu'il trébucha sur les pavés de la cour de l'hôtel de Guermantes. J'ai avancé vers la forteresse comme si j'étais en train de me pencher par-dessus mon épaule de jeune homme.