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mardi, 16 février 2016

In omnibus requiem quaesivi...

 

 

 

 

In omnibus requiem quaesivi, et nusquam inveni nisi in angulo cum libro (« J'ai cherché partout le repos, et je ne l'ai nulle part trouvé que dans un coin avec un livre »), écrivait vers 1400 Thomas a Kempis dans son Imitation de Jésus-Christ. Qu'écrirait-il aujourd'hui, où les « coins » propices à la lecture sont de toute part menacés, où seul, peut-être, l'habitant d'un donjon perdu dans une grande forêt pourrait être assuré de disposer d'un moment ininterrompu de lecture solitaire ?

 

 

 

 

09:40 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

samedi, 13 février 2016

L'attente de la valse

 

 

 

 

Tandis que j'écoutais, tout à l'heure, Casse-Noisette et notamment la si merveilleuse Valse des Fleurs, je me disais que c'étaient là, aussi, des cendres, hélas, celles d'une certaine beauté lyrique. Certes Ravel, avec sa Valse, énorme, terrible et pulvérisée, sut prolonger encore le mouvement ; il y eut encore la bouleversante Valse coda de la Cendrillon de Prokofiev, mais il semble que la valse est définitivement morte depuis ce temps (Prokofiev composa son ballet entre 1941 et 1944).

Sommes-nous si naïfs d'attendre le nouveau compositeur d'une valse plus extrême encore que celle de Maurice Ravel ?

 

 

 

 

lundi, 08 février 2016

La pluie, la ville, le temps et quelques images

 

 

 

Certains séjours laissent un souvenir bien étrange : on a décidé, puisqu'elle était sur la route, de visiter cette ville, ses rues, ses maisons, ses églises et son musée des beaux-arts. Mais le temps manque soudain, et, surtout, une pluie impromptue, violente, infinie, se met à tomber. La chambre d'hôtel n'est pas retenue dans cette ville ; il faudra quitter bientôt les lieux. Alors, seuls quelques lieux choisis à l'avance peuvent être visités. Et l'on revient de Francfort-sur-le-Main, par exemple, avec, pour la ville, les seules images de la vue d'un pont et d'une maison d'artiste, elle-même musée ; tous les autres souvenirs du regard sont ceux des toiles que la ville recèle, et qui dès lors demeurent et se sont substitués aux visages de toute la ville.

 

 

 

05:58 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 05 février 2016

Les voûtes

 

 

 

Pour certains de nos mots que certains voudraient laidement décoiffer de leurs délicieux accents circonflexes, le monde bruit ces jours-ci de faux débats : la prétendue réforme de l'orthographe française de 1990, inculte et imbécile, et remise au goût du jour par de non moins sots et ignares hommes de pouvoir, ne sera pas plus suivie d'effets que celle qui prétend qu'en France, gauche et droite politiques ont encore un sens. Petite impéritie qui en masque de plus terribles, et funestes.

 

 

 

 

18:58 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mercredi, 03 février 2016

La forme

 

 

 

 

Bien sûr, de nombreux châteaux de la vallée du Rhin sont des reconstructions du XIXe siècle, des reconstructions en partie rêvées. Les premiers châteaux, ceux qui furent élevés aux XIIe ou XIIIe siècles, sont des souvenirs aujourd'hui revisités ; j'aime à dire que l'Allemagne les a relevés pour les seuls yeux des poètes et des amoureux. Je me souviens d'avoir eu quelque nostalgie devant ces édifices, tandis que je songeai à leur "première version", si j'ose dire (si tout château est une Idée) ; cependant, ne serait-ce que le fait même de les avoir reconstruits me séduit : pourquoi, nous Français, ne reconstruisons-nous pas les Tuileries, par exemple, ou le sublime entre les sublimes château de Mehun-sur-Yèvre, et aussi les innombrables châteaux de France détruits par Richelieu lors des révoltes aristocratiques, et plus encore Marly, joyau des joyaux qui manque à notre pays ? Et je songe que, en l'an 3000, s'il advient, l'honnête homme curieux et cultivé se souciera peu qu'un Marly date du XXIe ou du XVIIe siècle, à l'instar d'un honnête homme d'aujourd'hui, qui ne ménage pas son admiration pour un château de Stolzenfels dont les premières pierres furent pourtant du XIIIe siècle, et le rêve réalisé (ou retrouvé), du XIXe.

 

(Et puis, la constance n'est-elle pas, avec la gentillesse, parmi les plus extrêmes, les plus rares des qualités ?)

 

 

 

 

05:50 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 02 février 2016

Et Schubert

 

 

 

Parfois, lorsqu'on écoute quelque Rondo ou Sonate de Mozart, on se dit : « Il n'est rien de plus beau... » Et puis, on écoute Schubert, par exemple la Fantaisie en fa mineur, et l'on se dit : « Tout de même... »

 

 

 

jeudi, 28 janvier 2016

Mon château imaginaire, sur le Rhin (Ô Pfalzgrafenstein !)

à François.

 

 

 

SAM_1738.JPG

 

Le château-fort de Pfalzgrafenstein (construit en 1328 par Ludwig le Bavarois et jamais détruit),
château-péage jusqu'en 1866, près de Kaub,
dans la vallée du Rhin, dans la Rhénanie-Palatinat,
photographie : août 2015.

 

 

Ah ! Ce château en forme de bateau surgit lors de mon voyage comme un rêve ! Parmi les lieux où sur la terre mes pas m'ont mené, je retiendrai à jamais cette merveille, vraie demeure pour les musiciens, pour les poètes, pour les désespérés et les solitaires ; oui, je m'en souviendrai toujours ; voici le lieu dont je sais que c'est là que j'aimerais vivre.

 

Un château sur un fleuve, un château sur l'île d'un fleuve... C'était là une station de péage pour les vaisseaux du Rhin, chargés de marchandises ; le passé savait mêler au pratique et à l'utile l'élégance et le Beau ; quel grand de ce monde, aujourd'hui, pourrait concevoir de tels barrages ?

 

 

 

 

mercredi, 27 janvier 2016

Le trobar

 

 

 

J'ai souvent pensé que Mallarmé avait tenté, à sa manière, de proposer les trois facettes, les trois "styles" du trobar médiéval : le trobar leu, cet art léger du poème, clair, "facile", serait illustré par ses vers de circonstance ; le trobar ric, ce style resplendissant, puissant, aux arcanes complexes et raffinés (si bien qu'il est souvent difficile de le distinguer du troisième style) par Hérodiade et une bonne moitié de ses Poésies ; le trobar clus, alchimique, clos, "hermétique", celui de Raimbaut d'Orange, par le Faune, et les Sonnets, parmi lesquels, bien sûr, celui du ptyx.

 

 

 

 

06:55 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

jeudi, 21 janvier 2016

Le lecteur, ses livres et ses lectures

 

 

 

Quelqu'un, me voyant attablé à une terrasse de brasserie, se joint à moi et, constatant que je lis Les Entretiens du Bouddha, me dit : « Ah, tu es bouddhiste ? »... Mais bien sûr, lorsque je lis les Propos de table ou Du serf arbitre de Luther je suis en train de me convertir au protestantisme, et le lendemain, tandis que je feuillette les Hymnes delphiques ou les Chants à Orphée j'ai bien l'intention de renier mon baptême, interroger la Pythie, devenir quelque myste d'Éleusis ou sacrifier à Cybèle.

 

 

 

Si quelques ailes

 

 

 

 

Si j'étais historien d'art et si j'avais le temps de l'être, j'écrirais l'histoire de l'ystoire des ailes selon la peinture et selon les livres sacrés, et je publierais un livre rempli d'ailes, avec tous les regards.

 

 

 

20:55 Écrit par Frédéric Tison dans Autour du livre, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |