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lundi, 14 juillet 2014

L'aparté

 

 

 

 

(Il m'a toujours semblé, lisant dans un livre ce qui est écrit entre parenthèses, que ces mots étaient chuchotés.)

 

 

 

 

jeudi, 10 juillet 2014

En songeant à Erwin Schrödinger

 

 

 

 

La petite case affichant le nombre de visiteurs en ces parages, que j'eus naguère la coquetterie de faire figurer au haut de la colonne de gauche de ce blogue, permet également de savoir combien de visiteurs sont présents simultanément, au moment même de leur connexion. Mais j'y songe : nul ne peut voir inscrit le chiffre 0, puisqu'une personne connectée ici verra nécessairement le chiffre 1 s'afficher. Il est ainsi une page, sur ce blogue, qui existe et n'existe pas à la fois.

Ce blogue, je m'en avise, est donc quantique.

 

 

 

 

 

06:55 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

lundi, 07 juillet 2014

Désiré Désir

 

 

 

 

Il paraît qu'il existe, en Isère, un château du Passage. Quel nom, quel nom extraordinaire et magnifique ! Son nom crée à lui seul le Désir d'un voyage.

 

 (« Où partez-vous en vacances ? » — « Eh bien, au château du Passage... »)

 

 

19:36 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Tags : frédéric tison, minuscule | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

samedi, 28 juin 2014

L'ombre de l'oiseau

 

 

 

 

Il est très difficile, à Paris, de voir et, partant, de photographier les oiseaux qui sont là et qui chantent : ils sont là et ils chantent plus que jamais, mais ils sont cachés dans les arbres et les buissons, si bien qu'on croit que les arbres chantent (si bien qu'un sourd, dans son infortune, croirait volontiers que Paris n'accueille guère que ces pigeons qui passent leur temps à bêtement marcher...).

 

 

 

 

vendredi, 27 juin 2014

Les autres demeures

 

 

 

 

 

« Le soir je suis venu au Tréport, ne pouvant me résigner à coucher si près de la mer sans l'avoir à la semelle de mes souliers. »

 

Victor Hugo, extrait d'une Lettre à sa femme, Le Tréport, 6 août 1835.

 

(Victor Hugo, lorsqu'il se rendait au Tréport, logeait à l'Hôtel de Calais. Après tout, les hôtels où séjournèrent les écrivains et les artistes que nous aimons ne sont-ils pas tout aussi hantés de leurs présences que les maisons qu'ils habitèrent et que, parfois, nous pouvons visiter comme l'on visitait jadis les lieux des saints hommes ?)

 

 

 

 

06:29 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

samedi, 14 juin 2014

Étrangeté

 

 

 

 

Quels que soient l'intelligence et l'amitié, et la douleur et le désir, et le bruit ou la musique ou le vent, il est étrange de savoir, avec certitude, que l'on est le seul, en ce jour, à ce moment-là, à cette seconde, que l'on est le seul à lire ce poème-là.

 

 

 

 

 

20:32 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 09 juin 2014

Dehors et dedans

 

 

 

 

L'architecture moderne ou contemporaine des bâtiments publics tels que les musées, ou celle des édifices religieux, se distingue à mes yeux en ce que, très souvent, si l'aspect extérieur est hideux, ses intérieurs sont vastes, élégants, et harmonieusement vides, oserai-je écrire, toujours propices à la contemplation et au silence : ainsi du musée Guggenheim, à Bilbao, que je visitai durant l'été 2006, ou du musée de Grenoble dont les salles sont spacieuses et bellement éclairées pour la plupart ; ainsi de l'église du Sacré-Cœur d'Audincourt, et de l'église Saint-Louis de Brest dont j'ai renoncé à montrer ici la laideur extérieure, et qui offre cependant une nef immense, puissante et belle. À l'inverse, les plus beaux palais du passé dissimulent trop souvent, désormais, derrière la magnificence de leurs façades, les intérieurs les plus sinistrés, "aménagés" ainsi qu'ils le sont de faux-plafonds, de portes ou de panneaux de verre et de cloisons de plâtre pour complaire à une certaine idée de l'architecture moderne : ainsi du Louvre, ou du château de Vaux-le-Vicomte.

 

 

 

14:41 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Tags : frédéric tison, notes, architecture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 06 juin 2014

Les ports

 

 

 

Je ne dirai pas que Brest est une belle ville : il suffit de voir le colossal Pont de Recouvrance jurant près d'une Tour Tanguy qui semble bien solitaire, et les barres d'immeubles sans grâce siégeant à l'entour d'un château composite. La ville du Havre, si souvent décriée, m'apparaît quant à elle infiniment plus harmonieuse et cependant, elle aussi fut largement reconstruite après la guerre. Le visiteur se promène pourtant avec plaisir dans Brest, sous les nuages bretons, renouvelés sans cesse. Toute ville qui est un port sait être féconde : le rêve des oiseaux, la générosité des bateaux, les rues autrement préoccupées, tout cela sonde le regard du promeneur ainsi qu'un vent différent dans le monde, une autre ville, une pensée.

 

 

 

 

 

 

lundi, 02 juin 2014

Le visiteur vêtu de noir

 

 

 

 

Je ne songe jamais assez, avant de me rendre dans les musées, aux tableaux recouverts par ces maudites vitres réfléchissantes, qui bien entendu sont placés en face d'une source de lumière, ampoule ou fenêtre... Les muséographes viennent-ils dans les galeries de peinture qu'ils administrent ? Il est à craindre que non : ils s'y verraient ne pas voir grand' chose, devant tel tableau protégé de la poussière, certes, mais aussi des regards, par une vitre à ce point jalouse. Je ne parle même pas des photographies rendues difficiles : l'œil et les mains du spectateur s'y voient autant que le dessin et la couleur.

 

Il m'apparaît que je devrais désormais pénétrer dans ces salles vêtu d'une grande cape noire, laquelle deviendrait écran lorsque je me placerais devant l'œuvre ainsi vitrifiée. Je n'oublierais pas ma chemise noire, mon écharpe noire, mes gants noirs, mon chapeau noir, ni même, souvenir des bals masqués que j'ai hantés, mon grand loup noir...

 

 

 

 

16:50 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Musée d'un regard | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mardi, 27 mai 2014

La théorie de la Relativité

 

 

 

 

Il est des instants où je me sens plus idiot, plus insuffisant encore : alors, j'écoute quelque symphonie, quelque concerto, quelque sonate sublimissime, comme il se doit, et la musique s'achève et le silence qui suit, etc. Mais non : tandis que la musique s'est tue, par ma fenêtre, non loin, tout près, dans les arbres et les buissons et sur les toits qui ont lieu dans le petit passage parisien que j'habite, chantent, plus présents que des amis, un et deux, et trois et mille oiseaux qui sont là : que ne les avais-je auparavant écoutés, qui ont déjà, depuis toujours, la grâce d'un Mozart et d'un Ravel ?

 

 

 

 

 

 

21:21 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |