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lundi, 16 mai 2016

La pensée difficile (Interlude)

 

 

 

Il est certain que s'est perdue la véritable signification des dieux grecs, précisément parce que ceux-ci n'étaient pas, ou pas tout d'abord, des significations, mais des forces, des actes, des danses et des rythmes ; leur souveraine présence n'avait pas à dire "Je suis", s'il y avait en elle un "Il y a" sans pourquoi... Cela nous est difficile à comprendre, parce qu'il ne s'agit pas de comprendre. Il y a peu, dans l'ancien royaume d'Anurâdhapura, la ville sacrée, devant les innombrables visages du Bouddha comme devant les dieux des temples hindous, je me disais que ces forces étaient là toujours vivantes, alors qu'en France, et en "Occident" plus largement, nous nous abîmons loin du dieu ineffable lorsque nous le pensons comme séparé — J'ai pensé à l'Europe médiévale, à ses cathédrales rutilantes, à ses Mystères colorés, et tandis que je déposai une fleur de nénuphar devant un visage, par-delà le temps et le lieu, j'étais en présence du Divin palpitant...

 

 

 

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Le stupa Ruvanvelisaya (Ruvanvelisaya Dagoba) (IIIe s. ap. J.-C.),
dans la ville sacrée d'Anurâdhapura,
dans la Province du Centre-Nord, au Sri Lanka,

photographie : avril 2016.

 

(à suivre.)

 

 

 

vendredi, 13 mai 2016

Ce qui devrait être

 

 

 

Une civilisation aboutit toujours à l'élaboration et au rêve d'un château, d'un palais ; aussi bien me dis-je que l’habitation normale de tout homme est un château, ne peut être qu'un château, à jamais et pour toujours, et que c'est là son lieu et sa demeure sur la Terre. Et tout le reste n'est qu'anomalie.

 

 

 

 

05:22 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mercredi, 11 mai 2016

Musée du regard

 

 

 

Il me semble parfois, à observer mes photographies de tableaux aimés, que je feuillette mon propre regard, mon propre regard passé — où j'ai laissé dans l'ombre nombre de toiles qui cependant illuminaient les murs de ce musée, et dont je ne me souviens plus guère, hélas ! — où j'ai traduit dans une lumière qui n'est pas celle du jour les quelques images ici partagées.

 

 

 

17:05 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Musée d'un regard | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 04 mai 2016

Du retour

 

 

 

Il est des voyages qui nous changent, qui laissent en nous une indélébile trace, semble-t-il. Mais comment savoir si ces villes, ces paysages, ces visages croisés s'imprimeront dans notre mémoire à la façon de livres (si le monde est également une succession de livres), à la façon d'images d'êtres aimés ?

Un autre livre était ouvert ; il est désormais refermé. Sait-on à quel moment il s'éloigne, comme se sont éloignés des amis, des paysages, des visages, peut-on savoir s'il a édifié une véritable demeure en nous, que nous ne pourrons effacer ?

 

 

 

05:00 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

jeudi, 28 avril 2016

Seule manque

 

 

Une seule chose nous manque : la ferveur !

 

 

 

04:21 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 15 avril 2016

Vacance de la nuance

 

 

 

Qu'est-ce qui, aujourd'hui, après le silence, semble le plus menacé ? Je dirais volontiers : la nuance, la demi-mesure, l'équilibre — partant, le regard étonné.

 

 

 

06:26 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

dimanche, 10 avril 2016

La voix, le rythme et la guitare-mandoline

 

 

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And Also The Trees, "Your Guess", dans l'album Born into the waves (2016)

 

Il n'aura pas échappé au Lecteur attentif de ce blogue que l'auteur de celui-ci est un amoureux transi de cette formation musicale anglaise...

Selon moi, qui n'écoute que de la musique dite "classique" (c'est-à-dire de la musique tout simplement, bien sûr), c'est là ce que devrait être la seule vraie chanson de notre temps, loin, bien loin de la "musique" industrielle affreuse qui brise et blesse tous nos silences, tandis que tout l’œuvre d'And Also The Trees est d'accompagner et de dire, avec l'élégance, la mélancolie et la mélodie d'un monde.

 

 

 

 

vendredi, 01 avril 2016

Le désir récif

 

 

 

Quelles miettes de notre pain sèmerons-nous à nos fenêtres pour nous faire aimer des plus aimables des anges parmi les oiseaux ?

 

 

 

20:11 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 29 mars 2016

Le regard douloureux

 

 

 

 

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Chaïm Soutine (1893-1943), Les Maisons (vers 1920-1921), détail,
au musée de l'Orangerie, dans le jardin des Tuileries, photographie : septembre 2015.

 

 

Chaïm Soutine, dont j'aime beaucoup les toiles, fait partie de ces peintres qui m'ont en quelque sorte forcé de regarder autrement la peinture. J'aime la tourmente de ses couleurs âcres et sauvages, la tension de ses formes, le vent lourd, dirais-je, de sa pâte. La palette de ses Maisons de 1920-1921 est celle d'un regard douloureux : dans ces couleurs hantées, le monde s'anime et se tord, et ces maisons, ainsi que des lignes vivantes, abritent quelque attente, quelque effroi, quelque désir, et sans doute des visages et des corps dont les façades figurent les bouches ou les yeux éperdus.

 

 

 

 

dimanche, 27 mars 2016

La chair

 

 à Antire.

 

 

 

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Laurent de La Hyre (1606-1656), Adonis mort (vers 1626-1628), détail,
au Louvre, photographie : septembre 2015.

 

 

(Également l'un des plus beaux tableaux du monde. Je me souviens de son acquisition par le Louvre, vers l'an de grâce 2010, et de sa découverte, moi émerveillé parmi les salles.)