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vendredi, 08 juillet 2016

Parenthèse

 

 

 

Il m'a souvent semblé que, dans la musique moderne la plus haute (je parle de Claude Debussy, de Maurice Ravel, de Richard Strauss, de Jean Sibelius notamment), fut introduite, parmi les thèmes et les motifs, la figure de la parenthèse, que la ligne mélodique emprunta à l'écrit.

 

 

 

mardi, 05 juillet 2016

Lire Georges Minois

 

 

 

Il est deux types d'hommes artistes, et artistes méconnus, pour lesquels j'ai une admiration inconditionnelle, ou presque : les médecins et les historiens, d'abord reconnus pour leur compétence scientifique. Avec Paul Veyne et Michel Pastoureau, un de nos meilleurs historiens contemporains continue aujourd'hui de publier des sortes de chefs-d’œuvre d'intelligence et de culture : je parle de Georges Minois, dont je lis en ce moment l'Histoire du Moyen Âge, parue il y a quelques semaines, en avril 2016, aux éditions Perrin. D'un tout autre auteur, je n'aurais sans doute pas fait attention à la publication d'un livre sur ce sujet mille fois traité ; n'ai-je pas déjà lu les ouvrages de Jacques Le Goff, de Georges Duby, de Jacques Heers ? Mais non : c'est le nouveau livre de Georges Minois ! Comment ignorer le nouvel ouvrage de l'auteur magnifique de l'Histoire du rire et de la dérision, celui de l'Histoire de la solitude et des solitaires (parmi vingt ou trente livres d'histoire "sociale"), celui de la Guerre de Cent Ans, comment négliger le biographe passionnant, entre autres, de Du Guesclin, de Charles VII et de Bossuet ?

 

Et cette Histoire du Moyen Âge est admirable ; cela m'enchante mais ne me surprend pas : Georges Minois écrirait un livre sur l'histoire de la tondeuse à gazon que je me précipiterais dans une librairie pour l'acquérir.

 

(L'historien déplore bien souvent l'effondrement du sentiment historique, à travers l'idéologie qui s'observe dans les ruines pédagogiques de l'école républicaine contemporaine : que ne consulte-t-on Georges Minois pour l'élaboration des programmes à destination de nos jeunes têtes ?)

 

 

 

18:11 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 01 juillet 2016

À l'oreille de Terme

 

 

 

 

Un secret d'en haut 2.jpg

 

 

Un secret d'en haut 1.jpg

 

 Hippolyte Moulin (1832-1883), Un Secret d'en haut (Salon de 1875), marbre, détails,
au musée d'Orsay,
photographies : janvier 2016.

 

 

(Que révèle Mercure à ce Terme (Terminus), le dieu gardien des Bornes, dans ce groupe de marbre au titre si beau ? Le détail des amours et des intrigues de l'Olympe, ou bien quelque objet d'hilarité plus grand, ou encore quelque secret doré ?)

 

 

mardi, 28 juin 2016

Pot aux roses

 

 

 

Il me semble souvent que, lorsqu'on écrit d'une photographie qu'elle est une photo, c'est comme si l'on disait d'un poème qu'il est un po.

 

(Il faut déplorer les abréviations inutiles, laides et paresseuses.)

 

 

 

jeudi, 23 juin 2016

La perte du ciel

 

 

 

L'homme des villes, en oubliant la Voie lactée qui ne peut plus s'observer, la nuit, à cause des lumières et des fumées, néglige bientôt le ciel gris ou bleu du jour ; je vois de moins en moins de gens contemplant les hauteurs ; chacun n'y jette plus guère qu'un rapide coup d’œil, et encore s'agit-il bien souvent de préoccupations météorologiques. L'homme moderne n'est-il pas celui qui, peu à peu, perd le ciel ?

 

(On n'use plus du mot supernel, que les dictionnaires qualifient, significativement, de désuet et de rare.)

 

 

 

 

05:25 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 20 juin 2016

Une autre lenteur

 

 

La plus exquise lenteur, parsemée de silences, traverse la musique de Satie : c'est de celle-ci que nous avons besoin, un jour de pluie, c'est ce jour auquel elle répond, et c'est celle-ci que nous appelons pour redoubler la pluie la plus douce. On dirait que chaque note précède, retarde et attend à la fois chaque goutte de pluie qui touche nos toits.

 

 

 

Érik Satie, florilège par Branka Parlic.
(Le dernier morceau est estompé et coupé, mais l'interprétation est si belle et si neuve...)

 

 

 

jeudi, 16 juin 2016

Sujets

 

 

 

Que, dans le poème, le "je", le "tu", le "vous" et le "nous" se parlent et se confondent ne doit pas étonner ; ils s'échangent parfois, si chaque homme ne sait, bien souvent, croyant parler de lui-même, qui il est, à cette heure et à ce moment — ni quelle voix le hante quand il vient de parler, ni d'où il vient de dire.

 

 

16:12 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mardi, 14 juin 2016

Un mot

 

 

 

Un mot décrivant assez bien notre monde serait celui de dilution.

 

 

 

18:01 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

mardi, 07 juin 2016

D'un monde muet

 

 

 

Et si le poème était aussi le socle, et la fidélité, et la constance ?  Je ne serais pas étonné de comprendre ainsi pourquoi le monde le néglige à ce point, n'en parle pas, en détourne si souvent les yeux constat que l'on fait dès qu'on s'avise d'écouter du monde ses "nouvelles", qui en sont si peu...

 

 

 

06:10 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

samedi, 28 mai 2016

La pièce secrète

 

 

 

 

frédéric tison,photographie,hôtel de sully

 

 

SAM_4290.JPG

 

Au premier étage de l'hôtel de Sully,
au 62, rue Saint-Antoine, à Paris IV,

photographies : novembre 2015.

 

 

Il n'est pas facile d'accéder au premier étage, d'ordinaire fermé aux visites, du si bel hôtel de Sully ; il faut pour cela prendre un rendez-vous de longues semaines à l'avance, et venir tôt, un samedi matin. Il y a assez peu à voir, un magnifique petit appartement en "L" donnant sur l'orangerie et le petit jardin intérieur, mais ce qui l'est offre l'occasion de pénétrer dans des pièces qu'on dirait endormies, secrètes, intimes, où le XVIIe siècle français semble n'avoir pas été touché ; c'est une impression seulement, bien sûr, mais je me souviens d'avoir effleuré du doigt le bois d'une porte sculptée, et la poussière bien que légère qui me resta sur la peau me troubla, alors.