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vendredi, 27 juin 2014

Les autres demeures

 

 

 

 

 

« Le soir je suis venu au Tréport, ne pouvant me résigner à coucher si près de la mer sans l'avoir à la semelle de mes souliers. »

 

Victor Hugo, extrait d'une Lettre à sa femme, Le Tréport, 6 août 1835.

 

(Victor Hugo, lorsqu'il se rendait au Tréport, logeait à l'Hôtel de Calais. Après tout, les hôtels où séjournèrent les écrivains et les artistes que nous aimons ne sont-ils pas tout aussi hantés de leurs présences que les maisons qu'ils habitèrent et que, parfois, nous pouvons visiter comme l'on visitait jadis les lieux des saints hommes ?)

 

 

 

 

06:29 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 17 juin 2014

Mondes

 

 

 

« La libération du carcan de l'espace et du temps est une aspiration du poète et du mystique, mais ce sont les mathématiciens qui l'ont réalisée. » 

                                                                              Arthur Eddington

 

 

 

 

19:12 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 28 avril 2014

Époque

 
« Je suis né en un temps où la majorité des jeunes gens avait perdu la foi en Dieu, pour la même raison que leurs ancêtres la possédaient — sans savoir pourquoi. Et comme l’esprit humain tend tout naturellement à critiquer, parce qu’il sent au lieu de penser, la majorité de ces jeunes gens choisit alors l’Humanité comme succédané de Dieu. J’appartiens néanmoins à cette espèce d’hommes qui restent toujours en marge du milieu auquel ils appartiennent, et qui ne voient pas seulement la multitude dont ils font partie, mais également les grands espaces qui existent à côté. C’est pourquoi je n’abandonnai pas Dieu aussi totalement qu’ils le firent, mais n’admis jamais non plus l’idée d’Humanité. Je considérai que Dieu, tout en étant improbable, pouvait exister ; qu’il pouvait donc se faire qu’on doive l’adorer ; quant à l’Humanité, simple concept biologique ne signifiant rien d’autre que l’espèce animale humaine, elle n’était pas plus digne d’adoration que n’importe quelle autre espèce animale. Ce culte de l’Humanité, avec ses rites de Liberté et d’Égalité, m’a toujours paru une reviviscence des cultes antiques, où les animaux étaient tenus pour des dieux, et où les dieux avaient des têtes d’animaux. »
 
 
Fernando Pessoa, « Autobiographie sans événements » [29 mars 1930], Le Livre de l’intranquillité. Paris : Christian Bourgeois, 1999, pp. 37-38.
 
 
 
 
 

08:41 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 23 avril 2014

La priorité (de la Bouche d'Or)

 

 

 

« Qu'y a-t-il de meilleur, dis-moi ? Parler du voisin et de ses affaires, s'enquérir curieusement de toutes choses ? Ou s'entretenir des anges et des choses qui sont propres à nous enrichir ? »

  

             Saint Jean Chrysostome (Commentaire sur l'Évangile selon saint Jean, IVe s.)

 

 

  

09:23 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 15 avril 2014

Le Regard de Cœuvre

 

 

« Je possède, dès que j'y entre,

Ce jardin, Besme, plus que vous ne le possédez. »

 

(Paul Claudel, La Ville, acte I.)

 

J'aurais pu nommer toutes mes photographies — et, partant, intituler mes quelques livres de photographies — Le Regard de Cœuvre.

 

 

 

samedi, 05 avril 2014

Ailleurs

 

 

 

« Lorsque la beauté règne sur les yeux, il est probable qu'elle règne encore
ailleurs. »

 

 Vauvenargues, Réflexions et maximes (1746).

 

 

 

10:03 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 01 avril 2014

Mort d'un contemporain

 

 

Hommage.

 

 

Jacques Le Goff est mort aujourd'hui. Je me souviens de toutes les heures que j'ai passées en compagnie de ses livres, le soir, et même la nuit, à l'occasion de quelques insomnies, ou encore lors de certains après-midi de vacances, au soleil, dans un beau jardin... Son dernier ouvrage publié (1) présentait une "thèse" audacieuse selon laquelle, en substance, et pour aller très vite, le Moyen Âge (ou "l'esprit" de ce temps), loin de s'achever, de s'épuiser à la Renaissance, courrait jusqu'au XVIIIe siècle...

 

L'historien fut, il s'efforça de l'être du moins, un contemporain, au sens où l'entend Giorgio Agamben : « [Selon Nietzsche, d'après l'une de ses Considérations intempestives] Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n'adhère à ses prétentions, et se définit, en ce sens, comme inactuel ; mais précisément pour cette raison, précisément par cet écart et cet anachronisme, il est plus apte que les autres à percevoir et à saisir son temps. / Cette non-coïncidence, cette dyschronie, ne signifient naturellement pas que le contemporain vit dans un autre temps, ni qu'il soit un nostalgique qui se reconnaît mieux dans l'Athènes de Périclès ou le Paris de Robespierre ou du marquis de Sade que dans la ville ou dans le temps où il lui a été donné de vivre. Un homme intelligent peut haïr son époque, mais il sait en tous cas qu'il lui appartient irrévocablement. Il sait qu'il ne peut pas lui échapper. / La contemporanéité est donc une singulière relation avec son propre temps, auquel on adhère tout en prenant ses distances ; elle est très précisément la relation au temps qui adhère à lui par le déphasage et l'anachronisme. Ceux qui coïncident trop pleinement avec l'époque, qui conviennent parfaitement avec elle sur tous les points, ne sont pas des contemporains parce que, pour ces raisons mêmes, ils n'arrivent pas à la voir. Ils ne peuvent pas fixer le regard qu'ils portent sur elle. » (2)

 

Autant dire que nous ne trouvons guère, parmi nos "contemporains", ces vrais contemporains... Heureusement, à l'instar de Giorgio Agamben, Paul Veyne et Georges Minois publient toujours des livres !

 

 

______

(1) Jacques Le Goff, Faut-il vraiment découper l'histoire en tranches ? Paris : Seuil, 2014 (coll. La Librairie du XXIe siècle)

(2) Giorgio Agamben, Qu'est-ce que le contemporain ? (Traduction de Maxime Rovere). Paris : Payot, 2008, pp. 9-11 (coll. Rivages poche/Petite bibliothèque)

 

 

 

17:08 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

samedi, 29 mars 2014

Le règne

 

  

 

« Tous les sujets de la beauté ne connaissent pas leur souveraine. »

 

Vauvenargues, Réflexions et maximes (1746).

 

 

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jeudi, 23 janvier 2014

« Poèmes choisis »

 

 

 

 

Poèmes de Paul Farellier,
sur le site de la revue de poésie en ligne Recours au poème.

 

C'est ici.

 

*

 

 

IMG_4877 G.jpg

(à Paul Farellier.)

 

Joachim Wtewael (1556-1638), Persée secourant Andromède (1611), détail,
Musée du Louvre, photographie : octobre 2012.

 

 

 

samedi, 18 janvier 2014

« Éclater là-haut perdu »

 

 

I.


Quelconque une solitude
Sans le cygne ni le quai
Mire sa désuétude
Au regard que j'abdiquai

Ici de la gloriole
Haute à ne la pas toucher
Dont maint ciel se bariole
Avec les ors de coucher

Mais langoureusement longe
Comme de blanc linge ôté
Tel fugace oiseau si plonge
Exultatrice à côté

Dans l'onde toi devenue
Ta jubilation nue

 


II.


Indomptablement a dû
Comme mon espoir s'y lance
Éclater là-haut perdu
Avec furie et silence,

Voix étrangère au bosquet
Ou par nul écho suivie,
L'oiseau qu'on n'ouït jamais
Une autre fois en la vie.

Le hagard musicien,
Cela dans le doute expire
Si de mon sein pas du sien
A jailli le sanglot pire

Déchiré va-t-il entier
Rester sur quelque sentier !

 

 Stéphane Mallarmé, « Petit air ».

 

 

 

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