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vendredi, 29 janvier 2016

Die Lorelei

 

 

 

SAM_1837.JPG

 

Le rocher de la Lorelei, dans la vallée du Rhin,
dans la Rhénanie-Palatinat, photographie : août 2015.

 

 

Ich weiß nicht was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin ;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn...

(Heinrich Heine, La Lorelei, 1824, première strophe)

 

 

 

Friedrich Silcher, Die Lorelei (1837), d'après Heinrich Heine,
par Richard Tauber, ténor et Percy Kahn, piano (1939).

 

 

 

 

mardi, 12 janvier 2016

Du lieu

 

 

 

« Certains esprits auraient dû vivre dans une ville d'Allemagne à l'époque romantique. On imagine si bien un Gérard von Nerval à Tübingen ou à Heidelberg ! »

 

Emil Cioran, Syllogismes de l'amertume.

 

 

 

14:01 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 25 décembre 2015

Sur le pas de la porte

 

 

 

« En aucune façon, l'homme ne doit se croire loin de Dieu, ni à cause d'une faute ou d'une faiblesse, ni à cause de quoi que ce soit. Et même si la grandeur de tes fautes t'avait chassé si loin que tu ne puisses te sentir proche de Dieu, tu dois cependant considérer que Dieu est proche de toi. Car c'est un grand préjudice pour l'homme de se croire loin de Dieu. Que l'homme chemine loin ou près, Dieu n'est jamais loin : il se tient toujours à proximité, et s'il ne peut rester à l'intérieur, il ne va jamais plus loin que sur le pas de la porte. »

 

Maître Eckhart, Conseils spirituels, traduit du moyen-haut allemand par Wolfgang Wackernagel, Paris : Payot & Rivages (coll. Rivages poche/Petite Bibliothèque), 2003, p. 87.

 

 

 

08:30 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

samedi, 14 novembre 2015

L'obscur

 

 

« Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps. »

                                                               Giorgio Agamben

 

 

 

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vendredi, 06 novembre 2015

Être logé comme un homme

 

 

 

Ce fut surtout dans ses constructions qu'il se montra dissipateur. Il étendit son palais depuis le mont Palatin jusqu'à l'Esquilin. Il l'appela d'abord "le Passage". Mais, le feu l'ayant consumé, il le rebâtit, et l'appela "la Maison dorée". Pour en faire connaître l'étendue et la magnificence, il suffira de dire que, dans le vestibule, la statue colossale de Néron s'élevait de cent vingt pieds de haut ; que les portiques à trois rangs de colonnes avaient un mille de longueur ; qu'il renfermait une pièce d'eau, semblable à une mer bordée d'édifices qui paraissaient former autant de villes ; qu'on y voyait des champs de blé, des vignobles, des pâturages, des forêts peuplées de troupeaux et d'animaux sauvages de toute espèce. Dans les diverses parties de l'édifice, tout était doré et enrichi de pierreries et de coquillages à grosses perles. Les salles à manger avaient pour plafonds des tablettes d'ivoire mobiles, qui, par différents tuyaux, répandaient sur les convives des parfums et des fleurs. La principale pièce était ronde, et jour et nuit elle tournait sans relâche pour imiter le mouvement du monde. Les bains étaient alimentés par les eaux de la mer et par celles d'Albula. Lorsque après l'avoir achevé, Néron inaugura son palais, tout l'éloge qu'il en fit se réduisit à ces mots : « Je commence enfin à être logé comme un homme ».

 

Suétone, Vie de Néron, XXXI.

 

 

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jeudi, 01 octobre 2015

Vents

 

 

 

« Quand les anges sont appelés vents, c’est pour faire connaître leur extrême agilité et la rapidité de leur action, qui s’exerce, pour ainsi dire, instantanément sur toutes choses, et le mouvement par lequel ils s’abaissent et s’élèvent sans peine pour entraîner leurs subordonnés vers une plus sublime hauteur, et pour se communiquer à eux avec une providentielle bonté. On pourrait dire aussi que ce nom de vent, d’air ébranlé, désigne une certaine ressemblance des anges avec Dieu : car, ainsi que nous l’avons longuement établi dans la théologie symbolique, en interprétant les sens mystérieux des quatre éléments, l’air est un symbole bien expressif des opérations divines, parce qu’il sollicite en quelque sorte et vivifie la nature, parce qu’il va et vient d’une course rapide et indomptable et parce que nous ignorons les mystérieuses profondeurs dans lesquelles il prend et perd son mouvement, selon cette parole : Vous ne savez ni d’où il vient ni où il va. »

 

Pseudo-Denys l'Aréopagite, Le Livre de la Hiérarchie céleste, chapitre 15, VI. (Traduction de l’abbé Darboy, 1845)

 

 

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La phrase de la princesse

 

 

 
 
« De tous temps, en tous lieux, les poètes sont ceux qui ont quelque chose à dire à quelqu'un qui n'est pas là. »
 
 
Princesse Bibesco, Le Confesseur et les poètes. Paris : Grasset / Les Cahiers rouges, 1970, p. 12.
 
 
 
 
 
 

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jeudi, 27 août 2015

Leçon de regard

 

 

« Quidquid recipitur, ad modum recipientis recipitur. »


(« Tout être est reçu dans un autre selon le mode de celui qui le reçoit. »)

 

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, 1a, q. 75,  a. 5,  réponse.

 

 

 

15:23 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mercredi, 19 août 2015

Cellula quae meminit

 

 

 

« Cellula quae meminit est cellula deliciarum » (« La petite cellule qui se souvient est une petite chambre des plaisirs »).

 

Geoffrey de Vinsauf, Poetria Nova (Nouvel Art poétique) (vers 1210), cité et traduit par Mary Carruthers, Machina memorialis : méditation, rhétorique et fabrication des images au Moyen Âge (400-1200), Paris : Gallimard, 2002, p. 155 (Bibliothèque des histoires).

 

 

 

 

11:18 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Sur le poème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

dimanche, 05 juillet 2015

La chambre de François-René

 

 

 

 

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« Moi, j’étais niché dans une espèce de cellule isolée, au haut de la tourelle de l’escalier qui communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du château. [...] »

 

 

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« La fenêtre de mon donjon s’ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j’avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage. Quelques martinets qui, durant l’été, s’enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons. La nuit, je n’apercevais qu’un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu’elle s’abaissait à l’occident, j’en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d’une tour à l’autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l’ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l’endroit le plus désert, à l’ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore. À quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l’entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit. Cette voix remplaçait pour moi la douce harmonie au son de laquelle le père de Montaigne éveillait son fils. »

 

(François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, Première Partie, Livre III.)

 

 La chambre à coucher de Chateaubriand, au château de Combourg,
en Ille-et-Vilaine,
photographies : février 2015.