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mercredi, 11 mars 2015

Repos

 

 

 

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Cloître de l'abbatiale, et image à l'issue du concert : Requiem de Mozart,
Ghislieri Choir & Consort, dirigé par Giulio Prandi,
en l'Abbatiale Saint-Robert de La Chaise-Dieu, en Haute-Loire,
dans le cadre du Festival de La Chaise-Dieu,

photographies : mercredi 27 août 2014. 

 

 

 

mardi, 10 mars 2015

Le silence avant (et après) la musique

 

 

 

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Cloître de l'abbatiale Saint-Robert de La Chaise-Dieu (XIe-XIVe s.), en Haute-Loire,
photographie : août 2014,
avant le concert :
Le Combat de saint Michel, cantates des Bach (J. C. Bach, J. S. Bach, C. P. E. Bach),
Ensemble Pygmalion, dirigé par Raphaël Pichon, dont voici une image à l'issue :

 

 

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vendredi, 06 mars 2015

En l'église Saint-Pierre des Carmes

 

 

 

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À l'issue du concert : Les Litanies de la Vierge, par Marc-Antoine Charpentier,
Ensemble Correspondances, dirigé par Sébastien Daucé,
en l'église Saint-Pierre des Carmes, au Puy-en-Velay,
dans le cadre du Festival de La Chaise-Dieu,

photographie : lundi 25 août 2014. 

 

 

 

jeudi, 19 février 2015

Après le Magnificat

 

 

 

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À l'issue du concert : Magnificat pour chœur a cappella et Orient et Occident, d'Arvo Pärt,
Messe brève en sol mineur et Magnificat de J. S. Bach,
Chœur Luce del canto, Ensemble Europa Barocca, direction : Simon-Pierre Bestion,
en l'Abbatiale Saint-Robert de La Chaise-Dieu, en Haute-Loire,
dans le cadre du Festival de La Chaise-Dieu,

photographie (de la Stalle 54) : lundi 25 août 2014. 

 

 

 

lundi, 09 février 2015

Absence, présence

 

 

 

Que le silence s'écoute, voilà bien, sans doute, ce qu'il faut rappeler — qu'il s'écoute avec la même oreille qui souffre ou s'enchante des bruits, avec la même ferveur qui nous étreint et nous emporte lorsque nous écoutons la musique, et semblablement au chant lointain qui est en nous, qui revient parfois, l'indicible chant que pourtant la tâche du poème est de tenter de dire. Il semble alors certain que le silence est une source, dont l'origine indéchiffrable, énigmatique, se cherche et remonte en nous, comme le chant que nous traquons.

 

 

vendredi, 23 janvier 2015

Au dieu de la forêt

 

 

 

 

 

 

Jean Sibelius, Tapiola (1926), dirigé par Neeme Järvi.

 

  

Là s’étendent du Nord les vieilles forêts sombres

Mystérieuses en leurs songes farouches.

Elles abritent la grande divinité des bois

Les sylvains familiers s’agitent dans leurs ombres. 

(Jean Sibelius, à propos de Tapiola)

 

 

Que Tapio, le dieu de la forêt dans la mythologie finlandaise selon le Kalevala, soit réellement présent dans cette musique, et (sans jeu de mots !) tapi au fond d'elle, nous l'entendons dès les premières mesures.

(Nous pénétrons dans la forêt, la demeure de Tapio (Tapiola), pour quelle rencontre ? Cette musique hantée par le dieu, comme immobile, quasi silencieuse, ces blocs de son formidables qui se succèdent, cet orage étale... Je ne connais guère de musique qui incarne autant que celle-ci la catastrophe, dans le sens que ce mot avait dans le théâtre grec. C'est l'une des dernières œuvres achevées du musicien ; il est vrai que la dernière mesure apparaît comme la dernière d'un monde.)

 

 

 

 

mercredi, 07 janvier 2015

Les Cloches

 

 

 

 

Serguei Rachmaninoff, Les Cloches, IV. Lento lugubre, d'après Les Cloches, poème d'Edgar Poe.  Philharmonique de Moscou, direction : Dmitri Jurowski, Elchin Azizov, baryton, Chœur Yurlov de Russie. Maison internationale de la musique de Moscou, Svetlanov Hall, 10 mars 2012.

 

Les Cloches,

par Edgar Allan Poe,

traduction de Stéphane Mallarmé

 

Entendez les traîneaux à cloches — cloches d’argent ! Quel monde d’amusement annonce leur mélodie ! Comme elle tinte, tinte, tinte, dans le glacial air de nuit ! Tandis que les astres qui étincellent sur tout le ciel semblent cligner, avec cristalline délice, de l’œil : allant, elle d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec la « tintinnabulisation » qui surgit si musicalement des cloches (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches, cloches) : du cliquetis et du tintement des cloches.

Entendez les mûres cloches nuptiales, cloches d’or ! Quel monde de bonheur annonce leur harmonie ! À travers l’air de nuit embaumé, comme elles sonnent partout leur délice ! Hors des notes d’or fondues, toutes ensemble, quelle liquide chanson flotte pour la tourterelle, qui écoute tandis qu’elle couve de son amour la lune ! Oh ! Des sonores cellules quel jaillissement d’euphonie sourd volumineusement ! Qu’il enfle, qu’il demeure parmi le Futur ! Qu’il dit le ravissement qui porte au branle et à la sonnerie des cloches (cloches, cloches - des cloches, cloches, cloches, cloches), au rythme et au carillon des cloches !

Entendez les bruyantes cloches d’alarme — cloches de bronze ! Quelle histoire de terreur dit maintenant leur turbulence ! Dans l’oreille saisie de la nuit comme elle crie leur effroi, trop terrifiées pour parler, elles peuvent seulement s’écrier hors de ton, dans une clameur d’appel à merci du feu, dans une remontrance au feu sourd et frénétique bondissant plus haut (plus haut, plus haut), avec un désespéré désir ou une recherche résolue, maintenant, de maintenant siéger, ou jamais, aux côtés de la lune à la face pâle. Oh ! Les cloches (cloches, cloches), quelle histoire dit leur terreur  — de Désespoir ! Qu’elles frappent et choquent, et rugissent ! Quelle horreur elles versent sur le sein de l’air palpitant ! Encore l’ouïe sait-elle, pleinement, par le tintouin et le vacarme, comment tourbillonne et s’épanche le danger ; encore l’ouïe dit-elle, distinctement, dans le vacarme et la querelle, comment s’abat ou s’enfle le danger, à l’abattement ou à l’enflure dans la colère des cloches, dans la clameur et l’éclat des cloches !

Entendez le glas des cloches — cloches de fer ! Quel monde de pensée solennelle comporte leur monodie ! Dans le silence de la nuit que nous frémissons de l’effroi ! À la mélancolie tenace de leur ton. Car chaque son qui flotte, hors la rouille en leur gorge — est un gémissement. Et le peuple — le peuple — ceux qui demeurent haut dans le clocher, tout seuls, qui sonnant (sonnant, sonnant) dans cette monotonie voilée, sentent une gloire à ainsi rouler sur le cœur humain en pierre — ils ne sont ni homme ni femme — ils ne sont ni brutes ni humains  — ils sont des Goules : et leur roi, ce l’est, qui sonne ; et il roule (roule  — roule), roule un Péan hors des cloches ! Et son sein content se gonfle dans ce Péan des cloches ! Et il danse, et il danse, et il hurle : allant d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec le tressaut des cloches — (des cloches, cloches, cloches), avec le sanglot des cloches ; allant d’accord (d’accord, d’accord) dans le glas (le glas, le glas) en un heureux rythme runique, avec le roulis des cloches — (des cloches, cloches, cloches), avec la sonnerie des cloches  — (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches, cloches - cloches, cloches, cloches) — le geignement et le gémissement des cloches.

 

 

 

 

22:23 Écrit par Frédéric Tison dans Album des phrases, Autour de la musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

dimanche, 21 décembre 2014

Anciennes notes

 

 

 

 

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Antiphonaires (fin du XVIIIe s.), dans la sacristie
de la collégiale Saint-Barnard (XIe-XVIIIe s.), à Romans-sur-Isère, dans la Drôme,
photographie : juillet 2014.

 

 

 

dimanche, 05 octobre 2014

Encore choisir

 

 

 

 

J'évoquais l'impossible choix entre ystoire et histoire, il y a très peu, et faisais quelque parallèle avec le poème selon Jouve ou Valéry, ou qui sais-je. J'oubliais Wagner et Debussy, à un point nodal, peut-on croire, celui des marins qui chantent : devrais-je choisir  entre le chœur, mâle et turgescent, de ceux qui hissent virilement les voiles du Vaisseau fantôme, et celui, évanescent, éperdu, qui accompagne le navire de Mélisande qui s'en va, qui l'avait emportée avec Golaud vers Allemonde, et qu'avec Geneviève elle entend s'éloigner des jardins près de la mer ? Non pas !

 

 

 

Si

 

(Après le spectacle, hier soir.)

 

 


podcast

 

 

Une autre ville, II., « Où fis-tu naufrage si »,
poème d'Une autre ville (2013),
musique de Magali Fadainville, 
 par Le Fil du rêveur, 2014.
(Mise en ligne avec l'autorisation de Magali Fadainville.)

 

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Où fis-tu naufrage si

Ce qui se tait là-bas te chante ici

Avec le vent de tes valeurs et de tes fables

 

Si je ne sais plus

Les cordes où tu étais le rêve

De la harpe qui s’est tue

 

Où es-tu – où te relèvent

Les vents, où te rêve

Une autre ville avec les temps ?

 

Si les sirènes que nul n’entendait plus

Parmi les bêtes de métal aux yeux blancs

À toi seul criaient la mort et la blessure –

 

Où es-tu selon le nombre de vents

Si je reviens où tu as disparu

Ainsi que souffrent les vagues

 

 

(F. T., décembre 2012.)