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mardi, 24 novembre 2015

Le maître

 

 

 

Il arrive que nous écoutions les nouvelles affreuses du monde, et que nous soyons suspendus à des lèvres laides. Mais Jean Sibelius ne nous tient-il pas mieux au courant de ce qui arrive à ce monde, aujourd'hui ? Il est mort en 1957 ; il y a peu de temps... Il fut notre Beethoven.

Ouvrons l'une de ses splendides et terribles Symphonies, n'importe laquelle : celle-ci ne dit-elle pas toute la beauté des choses et des êtres, toute leur impuissance, toute l'espérance, toute la clairière et toute la forêt, toute la noblesse et l'excellence, mais aussi l'impéritie des Puissants qui gouvernent ce monde, leur cynisme, leur criminelle cécité toute symphonie de Sibelius n'est-elle pas le rappel à la grandeur négligée, au dieu abandonné, au sacré bafoué, à la terre oubliée, au langage méprisé, à tout ce qui hante, tout ce qui, dans le silence ou le bruit, n'est pas écouté ?

 

 

 

 

mercredi, 04 novembre 2015

L'étrange

 

 

 

Il paraît qu'il y a des hommes qui ont des opinions. Quant à moi, j'écoute Nuages, de Claude Debussy, selon l'interprétation magnifique de Désiré-Émile Inghelbrecht, et il me semble voir toutes les opinions passer dans un ciel mobile, sombre et superbe, avec les nuages.

 

 

 

mardi, 13 octobre 2015

1902, année inaugurale

 

 

 

Point de hasard : c'est lorsque le monde a commencé même si timidement, alors d'être rapide et d'être pressé, et de suivre frénétiquement quelque « actualité », que fut créé l'opéra Pelléas et Mélisande, dont la musique est suprêmement lente, lointaine et attentive.

 

 

 

 

lundi, 12 octobre 2015

Relativité de la relativité

 

 

 

Je ne sais qui, un jour, affirma qu'il existait parmi les hommes, depuis la création de Pelléas et Mélisande, de Claude Debussy, des « pelléastres » inconditionnels, ou bien des contempteurs de l’œuvre, c'est-à-dire des ironiques, ou des indifférents, comme d'ordinaire.

 

Les seconds souscriraient volontiers aux propos de ceux qui, lors de la première de l'opéra, renommèrent celui-ci Pédéraste et Médisante, avec la méchanceté des cuistres ou des blasés, ou bien de ceux qui ne trouvent guère que fadeur, mièvrerie, ennui dans les lignes et les images d'une musique extrême, lointaine et pure.

 

Les premiers demeurent des fous, c'est entendu : ils possèdent plus d'une dizaine d'enregistrements de l'opéra sublime ; ils se rendent à chaque représentation nouvelle ; dans les loges, ils prennent les meilleurs places ; adorateurs conscients, ils ne peuvent même pas entendre que l'on puisse émettre un soupçon de réserve à l'encontre de cette musique sublime, unique, fière et souveraine. Un cheveu de Mélisande leur serait la suprême relique, et la tour où elle se pencha, un pèlerinage. Et toute l'ironie, ou presque, serait pour le jeune Yniold...

 

Aimez-vous Pelléas et Mélisande ? « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Évangile selon Luc, 12, 34).

 

 

 
 

 

20:28 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

lundi, 21 septembre 2015

Le Fil du rêveur — Un premier disque

 

 

 

 

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Le Fil du rêveur est un ensemble vocal et instrumental (Magali Fadainville : chant, lecture - Sébastien Liman : violoncelle, chant, lecture - Étienne Orsini : chant, lecture - Matteo Pittoni : guitare, chant, lecture - Mathilde  : violon, chant).

 

Vient de paraître le premier disque du Fil du rêveur,
L'Échappée perpétuelle
.

 


Dans ses spectacles, l'ensemble mêle chants du monde et compositions aux sonorités des poèmes d'Étienne Orsini, l'un des membres du groupe.

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Le disque reprend certaines de ces œuvres,
ainsi que des mélodies sur des poèmes de Ingeborg Bachmann et J. W. Goethe.

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Il contient également l'interprétation d'une mélodie composée par Magali Fadainville sur l'un des poèmes d'Une autre ville, cahier de poèmes illustré que je publiai en février 2013.

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Pour se procurer le disque :

c'est ici.

 

 

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CAELO MVSA BEAT.

 

 

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Entretien avec Jean de Rancé sur une mise en musique.

 

 

 

mercredi, 16 septembre 2015

Des nouvelles de Marcellus

 

 

 

Lorsque Pelléas demande à Arkel de quitter la terre d'Allemonde afin d'aller visiter Marcellus, son ami, qui est mourant, le roi le lui interdit, arguant qu'il lui faut attendre le retour de son frère Golaud, qui vient mystérieusement d'épouser Mélisande.

 

Il est tout de même étonnant que nul ne se soit inquiété, de 1902 jusqu’aujourd’hui, du sort de cet ami qui avait nom Marcellus.

 

Ne seraient-ce que la lassitude et l'inconstance ; je n'y vois certes que cela ; quoi d'autre ?

 

 

 

 

lundi, 31 août 2015

En pensant à un musicien qui naquit à Honfleur

 

 

 

Aux amoureux de la beauté et aux Tristes peut-être faudrait-il (non : cela est certain) seulement une salle sobre, haute et solitaire, dont les fenêtres seraient ouvragées, splendides et calmes ; dans un coin, un vieux coffre ; un sol quasi nu ; une table, une chaise, un fauteuil ou deux, si l'être aimé est de passage, ou quelque ami s'il comprend, ou même s'il ne comprend pas ; de loin en loin, montant parmi les rayonnages de la bibliothèque jusqu'au plafond, tous les livres aimés dans ce monde, de poche ou en édition originale ; du papier, de l'encre ; quelques beaux dessins et photographies rêvant sur les murs, qui attendraient les regards profonds ; et, résonnant dans le silence parcouru d'oiseaux et de vents, lorsque n'importe quel pont-levis serait enfin levé, la musique la plus lente, la plus ironique, la plus tendre et la plus belle d'Érik Satie.

 

 

 

 

jeudi, 04 juin 2015

Le « Duo » d'un promeneur solitaire

 

à Denis Trente-Huittessan, promeneur solitaire

 

 

 

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Jean-Jacques Rousseau, Le Duo des roses, détail, manuscrit musical autographe (sans date),
21 systèmes de 3 portées musicales sur 6 pages in-folio oblong
sur papier filigrané « fin de M Johannot d'Annonay 1742 »,
à l'exposition « Sade, marquis de l'ombre, prince des Lumières »
à l'Institut des Lettres et Manuscrits, Paris VII,
photographie : novembre 2014.

 

 

 

samedi, 23 mai 2015

Mozart, Ravel et l'oiseau du soir, à Paris

 

 

 

Il est des fins de journée où un oiseau, par la fenêtre, chante si haut, si simplement, si bellement, si lointainement, si gentiment, si merveilleusement ! que cela lui serait une injure, un véritable soufflet, que de recouvrir son chant par quelque mélodie d'un disque, fût-ce même pour écouter Mozart ou Ravel, ces autres oiseaux.

 

 

 

 

vendredi, 13 mars 2015

Ballet nocturne

 

 

 

 

 

Claude Debussy, Jeux (1912), dirigé par Pierre Boulez (1966)

 

 

Jeux, à l'instar de Pelléas et Mélisande (ou de Tapiola, de Jean Sibelius), est une œuvre si admirable et géniale qu'elle est son propre sommet ; elle incarne pour jamais son propre rêve ; l'on en sort comme d'un rêve formidable, à quatre heures du matin, et puis l'on ne peut plus se rendormir... Elle ne peut avoir de continuateurs, sinon de ceux qui manifesteraient la même audace, et dès lors seraient terribles à leur tour : ainsi des Fleurs du mal, non pas un jalon mais un cairn, qu'aimeront des livres comme L'Après-midi d'un Faune ou Matière céleste, eux-mêmes incomparables !

 

 

 

18:22 Écrit par Frédéric Tison dans Autour de la musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |