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jeudi, 15 janvier 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (35)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 74. Un livre du Mirouer des dames, escript en françois de lettre de somme ; et au commencement du second fueillet a escript : Ter et reposer ; couvert de veluyau vermeil à deux fermoers de laiton hachiés et cinq boulions de mesme sur chascun ais tout plains._20 liv. »

 

Hiver de Beauvoir indique que cet ouvrage fut « fait par un moine franciscain pour Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel ». Un "Miroir des dames" est un recueil de conseils moraux destinés à une dame, généralement de haut lignage.

 

 

« 75. Un livre du Gouvernement des roys, en françois, qui se commence : Regnabit rex et sapiens erit, historié au commencement d'un roy estant en une chaiere [chaire] et de plusieurs personnages estant à ses piés ; couvert d'un cuir vermeil empraint à deux fermoers d'argent doré esmailliés aux armes de Monseigneur ; et sont fais les tixus à fleurs de lis d'or de Chippre [Chypre]._ 12 liv. 15 s. »

 

Le théologien et philosophe italien Gilles de Rome (1247-1316), surnommé le « Prince des théologiens » ou le « Docteur très fondé », est l’auteur de ce De regimine principum (Traité du gouvernement des princes) traduit en français par Henry de Gauchy, chanoine de Saint-Martin de Liège, vers 1282.

Il est question, dans ce livre largement inspiré d’Aristote et de saint Augustin, de morale, d’économie et de politique : son influence fut considérable aux XIIIe et XIVe siècles.

 

 « 76. Un livre de l’Information des roys et des princes, fait et compilé par un maître en théologie de l’ordre de saint Dominique ; et au commencement du second fueillet a escript : Vivans ; couvert de cuir rouge empraint à deux fermoers de cuivre ; lequel Mons. acheta de maistre Regnault du Montet, libraire demeurant à Paris, au mois de février l’an mil cccc et neuf [1409]._6 liv. 5 s. »

 

Il s’agit d’une autre traduction, par le théologien Jean Golein (ou Jehan Goulain, vers 1325-1403), de l’ouvrage de Gilles de Rome, De regimine principum, de même que les manuscrits suivants :

 

« 77. Un livre en françois, nommé : le Livre du gouvernement des roys et des princes, historié au commencement d'un roy et d'un religieux qui lui présente un livre._62 s. 6 d[eniers].»

 

« 78. Un autre livre appellé : le Livre du gouvernement des roys et princes, qui se commence au second fueillet : Mérites au peuple ; couvert d'un cuir rouge à deux fermoers de laiton._ 7 liv. 10 s. » 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

lundi, 12 janvier 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (34)

 

 

 

Introduction.

 

 

« 72. Un livre appellé Si no die, escript en françois de lettre de fourme, à deux fermoers d'argent doré esmailliés à fleurs, et sur chascun ais v [cinq] clous de cuivre doré, que Monseigneur acheta à Paris au mois de février 1403 de Jean le Moutardier, écrivain de fourme, demeurant à Paris._15 liv. »

  

« 73. Un livre appellé : Si no die, escript en françois de lettre de fourme, et au commencement du second fueillet a escript : L’ymage de Dieu ; couvert de cuir vermeil empraint à deux fermoers de laiton, et sur chascun ais cinq boullons de mesme._13 liv. »

 

J'ai trouvé la trace d'un certain Jehan le Moutardier, prévôt de Corbeil en 1332. Peut-être l'auteur (ou le copiste) de ces deux livres, dont j'ignore tout du contenu, est-il un de ses descendants ?

 

 

(à suivre.)

 

 

vendredi, 09 janvier 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (33)

 

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 69. Un livre en françois, appellé le Livre de l’empereur céleste, historié au commencement de Dieu, de Notre Dame et de plusieurs sains, et d'une femme écrivant en une chayere [chaire], et au dessous les armes de Mons. d'Orléans ; couvert de veluyau vermeil à deux fermoers esmailliés des armes de Monseigneur et de Mons. d'Orléans._15 liv. »

 

Hiver de Beauvoir écrit ceci : « La femme représentée au frontispice de ce volume écrivant assise en une chaire, me fait croire que le Livre de l'empereur céleste est également de Christine de Pisan, et a été dédié par elle au duc d'Orléans, dont il porte les armes ; puis, ce prince, en 1398, en fit faire cette copie, qu'il donna au duc de Berry. C'est, du moins, ce que rendent vraisemblables les quittances publiées par M. le Roux de Lincy. »

 

Cependant ce livre est aujourd'hui perdu.

 

 

« 70. Un petit livre en françois de lettre ronde, intitulé : des bonnes Mœurs lequel parle du remède qui est contre les sept pechiés mortels des trois Estas ; et au commencement du second fueillet a escript : Et tous les siens ; historié en plusieurs lieux ; couvert de cuir vermeil empraint à deux fermoers de laiton doré, hachiés [ciselés] des armes de Mons. le duc, et sur chascun ais cinq boulions de mesme ; lequel livre fut donné à Monseigneur le iiije jour de mars mil cccc et neuf [4 mars 1409] par frère Jacques le Grant augustin._6 liv. 5 s. »

 

 

Jacques Le Grant, ermite de Saint-Augustin (1360 ?-1425 ?), est l’auteur de ce Livre des bonnes mœurs, adaptation libre de la dernière partie de son Sophilogium (quatrième traité du livre II et intégralité du livre III) un traité de sciences morales (1398). Le manuscrit de Jean de Berry est consultable ici. On peut lire, au folio 1r, l’ex-libris en lettres ornées de Jean Flamel : « Ce livre fist frère Jacques le Grant, de l'ordre des hermites saint Augustin, et le donna à Jehan, fils de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, comte de Poitou, d'Étampes, Boulongue et Auvergne / Flamel. » 

 

 

« 71. Un livre appellé le Livre des Esthas, escript en françois de lettre de court, historié au commencement d'un roy séant en une chayere et d'un religieux qui lui présente un livre, couvert de cuir vermeil empraint à deux fermoers de cuivre._75 s. »

 

Hiver de Beauvoir pense qu’il s’agit encore du Livre des bonnes mœurs. Le mot « Esthas » ("états") serait alors à comprendre comme "les agissements, la conduite ou la façon de se comporter".

 

 

(à suivre.)

 

 

vendredi, 02 janvier 2015

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (32)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 68. Un livre qui est intitulé : le Livre de la paix escript en françois de lettre de court, et au commencement du second fueillet a escript : Loisibles ; couvert de cuir vermeil empraint à deux fermoers de laiton et cinq boulions de mesmes sur chascun aïs, que damoiselle Xristine de Pizan donna à Mons._5 liv. »

 

Ce Livre de la Paix de Christine de Pisan (1364-1430), écrit entre 1412 et 1414, n’est pas disponible dans une édition moderne en français ; un manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale de France.

L'ouvrage débute par ces mots : « Cy commence la table des rubriches [rubriques] du Livre de Paix, lequel s'adrece a tres noble et excellent prince, Monseigneur le duc de Guienne, ainsné filz du roy de France [le Dauphin Louis de France (1397-1415)], encommencié le premier jour de septembre, aprés l'apointement de la paix juree en la cite d'Auxerre entre noz seigneurs de France en l'an de grace mil IIII cent et douze...

Le premier chapitre est une louenge a Dieu a cause de la paix.

De la bouche des enfans et des alectans [nourrissons (ceux qu'on "allaite")], voirement, nostre seigneur Dieu, roy celeste et tout puissant qui deffaces et ostes, quant il te plaist, le misere du monde, est ton plaisir d'avoir parfaicte louenge... »

Il se termine ainsi : « ... en tel maniere que la couronne de laurier comme en fin par victoire appartient et est donc deue [due] au vainquant par travail honnorable ne sera pour tant tollue [enlevée, ôtée (du verbe « tolir »)] au labour de ceste dicte oeuvre, laquelle ta digne haultesce ait agreable et tiengne a memoire, moiennant Dieu, qui en tout grace te parface. Amen. Cy fin le Livre de Paix. Explicit. »

 

 

 

(à suivre.)

 

 

lundi, 29 décembre 2014

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (31)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 67. Un livre de François Pétrarque, des Remèdes de l'une et l’autre fortune, translaté en françois, couvert de veluyau vermeil à deux fermoers d'argent doré esmailliés aux armes de Mons. et de Mons. d'Orléans._30 liv. »

 

Ce bel ouvrage, traduit de nos jours sous le titre Contre la bonne et la mauvaise fortune, fut écrit vers 1366 par Pétrarque qui le présenta lui-même ainsi à son lecteur : « Un recueil de remèdes très courts pour chaque malheur comme pour chaque bonheur qui pourrait te nuire, et pour chaque coup de l'une et l'autre fortune, à la manière d'un antidote efficace contre une maladie à double effet, tout cela rassemblé par un ami sous un petit volume, pour que tu l'aies partout et toujours sous la main. » (Cf. la jolie édition de ce livre aux éditions Payot, dans la collection Rivages poche/Petite bibliothèque, en 2001.)

La traduction française du manuscrit de Jean de Berry, selon toute vraisemblance, est due à Nicolas Oresme.

 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

samedi, 27 décembre 2014

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (30)

 

 

 

 

Introduction.

 

 

« 66. Un autre livre des Dis des philosophes, de la Vie de plusieurs Sains, avec le Bestiaire ; couvert de cuir vermeil empraint à quatre fermoers de cuivre et tixus de fil._8 liv. 15 s. »

 

Il s’agit des Dits des philosophes, ou Dits moraux des philosophes (vers 1401) de Guillaume de Tignonville (dont il a été question dans la notice 59). Un exemplaire du livre peut être consulté ici.

 

Le Bestiaire qui se trouve ici à la suite des Dits des philosophes, nous dit Hiver de Beauvoir, « est un bizarre traité érotique de Richard de Furnival [Fournival]». L’érudit et poète Richard de Fournival (1201-1260) écrivit ce Bestiaire d’Amours vers 1250. À travers la présentation d’une soixantaine d’animaux (dont le coq, le singe, le lion, la licorne ou l’hirondelle), l’auteur décrit les étapes, selon la tradition courtoise, de l’amour d’un amant pour sa dame. Lors d’une exposition sur Gaston Fébus au musée de Cluny, je pris la photographie d'une page de ce livre.

 

 

(à suivre.)

 

 

lundi, 22 décembre 2014

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (29)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 61. Un livre d'Éthiques et politiques, en deux volumes, escript en françois de lettre de fourme ; et au commencement du second fueillet du premier volume des Estats et esthiques a escript : Ces si come, et au commencement du second fueillet de l'autre volume a escript : Et cette communite ; et sont couverts chascun de veluyau vermeil, à deux fermoers d'argent doré, esmaillés l’un aux armes de Mons., l’autre aux armes de feu Mgr d'Orléans, lequel donna les deux volumes à Mons._75 liv. »

 

Je pense qu'il s'agit de l’Éthique à Nicodème, de l’Éthique à Eudème et de la Politique d’Aristote.

 

 

« 62. Un livre d'Éthiques escript en françois, de lettre de fourme, et au commencement du second fueillet a escript : En peut l’en ; couvert de veluyau vermeil à deux fermoers d'argent doré, esmailliés l'un de saint Jehan, l'autre de la Magdelaine, et cinq boulions de mesmes sur chascun ais, lequel Bureau de Dammartin, bourgeois et marchand de Paris, a fait faire par le commandement de Monseigneur._30 liv. »

 

Il s’agit (toujours selon moi) de l’Éthique à Nicodème et de l’Éthique à Eudème d’Aristote.

 

« Cette traduction est celle de Nicolas Oresme, précepteur de Charles V, mort en 1382, qui fut en 1488 imprimée par Verard. Le duc avait chargé Bureau de Dammartin d'en faire faire une copie. Celui-ci, modestement qualifié de bourgeois et marchand de Paris, était le fils de Bureau de la Rivière, ministre favori de Charles V ; il s'appelait de Dammartin, ou comte de Dammartin, parce qu'il avait épousé l’héritière de cette maison », écrit Hiver de Beauvoir.

 

 

« 63. Un petit livre en françois, escript de lettre de court, du Gouvernement des roys et des princes, appellé le Secret des secres [sic], que fit Aristote, couvert de cuir vert à deux fermoers de laiton._10 s. »

  

Le Secret des Secrets est une encyclopédie, écrite sous la forme d’une vaste lettre, traduite d’un livre anonyme arabe du Xe siècle, le Kitâb sirr al-‘asrâr (Le Livre des secrets), et faussement attribuée à Aristote : ce dernier aurait là composé un « miroir du prince », conseils divers à destination d’Alexandre le Grand, dont le Stagirite avait été le percepteur, au moment de la conquête de la Perse. Le livre a été traduit en latin par un clerc nommé Philippe de Tripoli, dont nous ignorons tout, après 1227, sous le titre Liber qui dicitur Secreta secretorum, vel de regimine regum et principum. On y trouve des exposés de politique, de morale, d’alchimie, d’astrologie, de médecine, de magie… C’était en quelque sorte la référence encyclopédique du bas Moyen Âge. Je rappelle que cette œuvre se trouvait également dans la bibliothèque de Charles d'Orléans, à Blois.

 

« 64. Un autre semblable livre, et de semblable matière comme le précédent, qui fut de feu Mons. d'Estampes [Louis d’Évreux (1336-1400), pair de France, arrière-petit-fils du roi Philippe III de France, mort d’apoplexie le 6 mai 1400 à Paris alors qu’il dînait avec Jean de Berry], couvert de cuir vermeil empraint, et sont cinq cloux sur chascun ais._50 s. » 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

 

 

vendredi, 19 décembre 2014

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (28)

 

  

 

Introduction.

 

 

 Sciences & Arts (suite)

 Philosophie morale 

 

 

 

« 60. Un livre en françois, appellé le Livre des problèmes d'Aristote, translaté et exposé de latin en françois par maistre Evrart de Coussy, jadis physicien [médecin] du roi Charles quint [Charles V de France], escript de lettre courant, historié au commencement et en plusieurs lieux, et au commencement du second fueillet a escript : François ; couvert de cuir vermeil empraint, fermant à quatre fermoers de laiton, et sur chascun ais a cinq boullons de laiton ; lequel fut donné à Mons. au mois de septembre 1405 par messire Guillaume Boisratier, à présent archevêque de Bourges [depuis 1409]._75 liv. »

 

On sait aujourd’hui que ces Problèmes, une collection de questions et de réponses sur des sujets très divers (médecine, musique, sciences naturelles, mathématiques, etc.), ne sont pas l’œuvre d’Aristote, mais plutôt une compilation de son école, même si certains passages sont du philosophe.

 

Évrart de Coussy (ou de Couty, ou de Conty), écrivain, et membre de la faculté de médecine de Paris (il fut maître régent de 1353 à 1405, année de sa mort), fut l’un des médecins de Charles V et de Blanche de Navarre, veuve de Philippe VI. Il fut également l’un des traducteurs à la cour royale. Outre sa traduction de ces Problèmes pseudo-aristotéliciens, il est l’auteur des Eschés [Échecs] amoureux, poème allégorique de plus de 30000 vers récrivant le Roman de la Rose, et de leur commentaire en prose, le Livre des Eschez amoureux moralisés (vers 1400).

 

 

(à suivre.)

 

 

 

 

lundi, 15 décembre 2014

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (27)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

« 58. Le tiers livre des loys en françois, qui est appellé l’Enforciade, escript de lettre de fourme, et au commencement du second fueillet est escript : Il a empirée ; couvert de cuir noir houssé, à deux fermoers de cuivre et cinq bouillons [boulons] de mesmes sur chascun ais ; lequel livre fut donné à Mons. par messire Guillaume de Tignonville, chevalier, au mois de mai l’an 1412._7 liv. 10 s. »

 

 

« 59. Un autre livre de droit en françois, appellé Digestis vielle, escript de lettre de fourme, et au commancement du second fueillet est escript : Livent si escrivent ; couvert de cuir blanc, à deux fermoers de cuivre et cinq bouillons de mesmes sur chacun ais ; lequel livre fut semblablement donné à mondit seigneur par ledit de Tignonville au mois de mai 1412._12 liv. 10 s. »

 

 

Guillaume de Tignonville, écrit Hiver de Beauvoir, « donateur de ces volumes, est ce prévôt de Paris qui, en 1407, malgré l'appui du roi Charles VI, fut obligé de faire amende honorable à l’Université pour avoir fait pendre deux écoliers voleurs. Il reste de lui une ordonnance de police ».

 

Ces deux ouvrages sont la traduction française d’une partie des Pandectes, ou Digeste, recueil, composé sur l'ordre de l'empereur Justinien (527-565), rassemblant toutes les décisions des plus célèbres jurisconsultes romains. L’Enforciade et le Digestis vielle sont les deux premières parties de ce corps de lois (l’Infortiat et le Digestum vetus).

Dans les Pandectes, les textes des juristes classiques sont groupés par matière. Ils sont contenus dans cinquante livres ; chaque livre contient plusieurs titres, chacun étant consacré à un point de droit particulier.

 

Hiver de Beauvoir ajoute : « Le livre intitulé : les Dits moraux des philosophes [qui sera l'objet de la notice 65] a été imprimé sous son nom [celui de Guillaume de Tignonville], de sorte qu'on pourrait croire que cette traduction d'une partie des Pandectes serait son œuvre. » 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

 

vendredi, 12 décembre 2014

La Librairie de Jean, duc de Berry, au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1416 (26)

 

 

 

Introduction.

 

 

 

Sciences & Arts (suite)

Droit canonique et civil

 

 

 

« 57. Un très-bel décret, escript de lettre boulonnoise, historié au commencement d'ymaiges romaines, garni de iiij fermoers d'argent, aux armes de Mons., couvert d'un drap de soye bleu doublé de tiercelin vermeil._125 liv. »

 

« C'est le décret de Gratien, c'est-à-dire la compilation de canons faite par ce moine bénédictin vers 1150 et admise comme seul corps de droit canonique », écrit Hiver de Beauvoir.

 

Selon certains chroniqueurs médiévaux, Jehan (? (son prénom est sujet lui aussi à caution)) Gratien aurait été un moine camaldule ou bénédictin au couvent des Saints-Nabor-et-Félix et aurait enseigné le droit dans son monastère, puis il serait devenu évêque de Chiusi en Toscane. D'autres chroniqueurs en font le conseiller du pape Innocent II (1130–1143) ou le légat d'Eugène II (1145–1163). Il est sans doute mort avant le IIIe concile du Latran (1179) où l’on regrette publiquement son absence.

 

Son Décret (en latin Concordia discordantium canonum, « Concorde des canons discordants », devenu Decretum Gratiani), rédigé entre 1140 et 1150, est une œuvre essentielle du droit canonique ; il rassemble plus de 3800 textes : canons apocryphes des apôtres, écrits patristiques, décrétales des papes, de Damase (366–384) à Innocent II (1130-1143), livres liturgiques, pénitentiels, statuts épiscopaux, décrets conciliaires, lois romaines et franques, etc. Le décret de Gratien formera la base du Corpus juris canonici, publié en 1582, lequel sera en vigueur jusqu’à la publication du Code de droit canonique (1917).

 

   

(à suivre.)