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jeudi, 27 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (21)

 

 

 

 

 

 

 Introduction.

 

 

 

« 54. Le livre de Juvenal avecques Therence, couvert de cuir rouge plain, escript en lettre ancienne ; et il y a plusieurs autres traictiés. »

Pour Térence, je renvoie au livre 27. de cet inventaire.

Juvénal (vers 45/65 – après 128 ?) est l’auteur latin des Satires (90-127), implacable peinture des mœurs dépravées du temps de la Rome impériale.

 

« 55. Virgile avec Stace, Eneydos, couvert de rouge plain, escript en vieille lettre de forme, en latin, et plusieurs autres matières [ici, « sujets »] et acteurs [ici, « auteurs »]. Macrobe, avecques Thérence, de pareille lettre, volume et couverture ; et autres traictiés, en latin. »

De l’Énéide (entre 29 et 39 avant J.-C.) de Virgile, je signale à mon Lecteur la belle et récente traduction de Paul Veyne, aux éditions Albin Michel (novembre 2012).

Le poète latin Stace (vers 40-après 96) est l’auteur des Silves (ou Impromptus), poèmes de circonstance commandés à l’auteur par les puissants de son temps afin de célébrer naissances, mariages et fêtes ; il est également l’auteur de l’épopée la Thébaïde, qui raconte la guerre des chefs d’Argos contre Thèbes, et de l’épopée inachevée l’Achilléide, narrant la geste d’Achille.

De l’écrivain latin Macrobe (vers 370-après 430), il nous reste les Saturnales, dialogues et « propos de table » sur divers sujets (les fêtes religieuses, dont les Saturnales, fêtes romaines ayant lieu durant le solstice d’hiver en l’honneur de Saturne, la littérature, l’histoire, la philosophie…) et le Commentaire au « Songe de Scipion » de Cicéron, commentaire d’un extrait du texte perdu De Republica de Cicéron, dont le passage sur le rêve du questeur, consul et censeur romain Scipion Émilien (rêve où Scipion se voit révéler l’immortalité de l’âme) est le seul qui a été conservé, grâce à l’ouvrage de Macrobe.

Pour Térence, je renvoie encore au livre 27. de cet inventaire.

 

« 56. Virgile avec Juvenal, couvert de cuir rouge plain, escript en latin, lettre encienne de forme. »

Voir le livre 55. pour Virgile (mais peut-être s’agit des Bucoliques ou des Géorgiques, et non de l’Énéide ?), et le livre 54. pour Juvénal.

 

« 57. Le livre de Boece, couvert de rouge plain, avecques plusieurs Sommes et Traictiés de droit canon, escript en lettre de forme encienne, en latin. »

Voir les livres 24, et 46.

 

« 58. Le livre de Virgile, Maronis et Eneydos, couvert de cuir rouge plain, en lettre encienne. »

Une erreur s’est manifestement glissée dans cette ligne de l’inventaire, « Maronis » n’étant pas une œuvre de Virgile, mais l’un des noms de l’auteur, Publius Vergilius [Virgile] Maro [Maronis]. Il faut donc lire : « Le livre de Virgile Maronis, Eneydos… ».

Voir le livre 55.

 

 « 59. Le livre de Virgile Maronis, avecques plusieurs autres choses de lui, couvert de vert plain, moult caduque [dégradé, altéré, gâté]. »

Voir les livres 55., 56. et la remarque sur le livre 58.

 

(à suivre.)

 

 

lundi, 24 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (20)

 

 

 

 Introduction.

 

  

  

 

« 52. Les Hympnes, en latin et en françois, couvertes de cuir vert, en lettre courant, neufves. »

   

Je pense que ces Hymnes sont des collections de chants chrétiens.

 

Il m’apparaît en effet peu probable que ces Hymnes désignent des chants grecs (poème et musique) tels que les Hymnes à Apollon – nombre de ces œuvres, d’ailleurs très fragmentaires, n’étaient que peu, voire pas du tout connues du temps de Charles d’Orléans. Des Hymnes (l’Hymne au Soleil, l’Hymne à Némésis) de Mésomède de Crète, au IIe siècle, le citharède attaché au service de l’empereur Hadrien (et qui écrivit, en l’honneur du bel Antinoüs, favori d’Hadrien, des Panégyriques), avaient certes survécu à travers des manuscrits médiévaux. Mais les Hymnes de Delphes, datant du IIe siècle avant J.-C., ne furent découverts qu’en 1893-1894 par l’érudit et archéologue Théodore Reinach.

 

 « Chanter une hymne », dans le Nouveau Testament, c’est, dans le sillage des chants vétérotestamentaires, adresser un cantique à Dieu afin de le louer, de l’adorer, de lui rendre grâce. Les hymnes forment, avec les psaumes et les cantiques, l’éventail du chant des premiers chrétiens.

 

Ainsi les Douze, juste après l’institution de l’eucharistie, se mettent à chanter. Selon la traduction du chanoine Crampon (1923), et je souligne : « Après le chant de l’hymne, ils s’en allèrent au mont des Oliviers » (Marc, 14, 26 ; Matthieu, 26, 30). De même, dans Les Actes des Apôtres (16, 25), durant la mission de Paul en Macédoine et sa captivité, Luc (?) écrit : « Or, vers le milieu de la nuit, Paul et Silas, étant en prière, chantaient des hymnes à Dieu, et les prisonniers les écoutaient ». Dans l’Épître aux Éphésiens (5, 19), son auteur Paul les exhorte ainsi : « Entretenez-vous les uns les autres de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant du fond du cœur en l’honneur du Seigneur ». Dans l’Épître aux Colossiens (3, 16), nous lisons : « Que la parole du Christ demeure avec vous avec abondance, de telle sorte que vous vous instruisiez et vous avertissiez les uns les autres en toute sagesse : sous l’inspiration de la grâce que vos cœurs s’épanchent vers Dieu en chants, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. »

 

Demeure le problème du contenu de ce livre d’Hymnes, et de leurs auteurs, qu’il n’est pas possible de déceler. Mais peut-être ai-je négligé quelque piste ?

 

  

 

« 53. Le Service de la Chapelle du roy, couvert de cuir rouge marqueté, en ung bien petit volume, lettre de forme. »

 

La Chapelle du roi était constituée d’un ensemble d’ecclésiastiques chargés d’assurer la célébration du service divin à la cour de France : confesseurs, chapelains, aumôniers, clercs de l’aumône, sommeliers. S’agit-il d’une liste des noms de ces personnages et de leurs attributions au temps de Louis ou de Charles d’Orléans ?

 

  

 

(à suivre.)

 

 

 

samedi, 22 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (19)

  

 

 

 Introduction.

 

 

 

« 49. Logique, couvert de vert, sans aiz [« ais », feuillet de bois utilisé pour la reliure], historiée et paragraffée à or [avec l’ajout de signes dorés destinés à marquer le début d’un passage], escript en lettre courant, en latin. »

 

Voir le livre 42.

 

 

« 50. Le livre d’Horace, avecques plusieurs Sommes et Traictiés de droit canon et autres vieilles choses, couvert de cuir vert, en lettre de forme ancienne, en latin. »

 

Le laconisme de cette description empêche de connaître lesquelles des œuvres d’Horace (65-8 avant J.-C.), s’il s’agit bien du poète latin, étaient éditées dans ce livre, ainsi que la nature de ces Sommes, Traités et autres vieilles choses… Je ne vois d’ailleurs pas très bien, voire pas du tout !, pourquoi des œuvres de droit canon étaient éditées avec les œuvres d’Horace. (Trouver Horace…)

 

 

« 51. Le grant Chaton, couvert de rouge, sans aiz [« ais », feuillet de bois utilisé pour la reliure], escript dessus .j. Chanteprime, intitulé de Senectute, avecques .i. [un] autre livre intitulé Asinarius, escript en lettre courant, historié et enluminé. »

 

Le traité Caton l’Ancien ou De la vieillesse (« grant Chaton », « de Senectute »), en latin Cato Maior de Senectute, est une œuvre de Cicéron, publiée en 44 avant J.-C. Il s’agit d’un dialogue imaginaire entre les deux vieillards Caton l’Ancien et Atticus et leurs jeunes amis Lélius (Caïus Laelius Sapiens) et Scipion Émilien, dialogue où l’éloge de la vieillesse, âge de sagesse, est à la fin proclamé.

J’ai trouvé la trace d’un certain Jehan Chanteprime, « Trésorier & Gardes des Chartres du Roy » vers 1405, dans les Ordonnances des Rois de France de la troisième race, contenant notamment des lettres de Charles VI. Peut-être Louis d’Orléans lui avait-il acheté ce livre sur la couverture duquel figurait encore son nom ?

Asinarius est un livre qui a conservé malgré mes recherches tout son mystère. Il ne figure pas parmi les titres des œuvres de Cicéron ayant traversé les siècles. Le plus curieux est que le terme, qui désigne « ce qui est relatif à l’âne » ou l’ânier, le conducteur d’ânes, fut utilisé, au début du christianisme, par les adversaires de la jeune religion qui surnommaient ainsi les chrétiens, accusés d’adorer une tête d’âne. Ce n’est peut-être pas un ouvrage de Cicéron, mais alors ?...

 

  

(à suivre.)

 

 

 

 

jeudi, 13 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (18)

 

 

Introduction.

 

 

 

« 47. Le livre d’Aristote, en lettre de forme, neuf, historié et enluminé, en latin, de Secretis secretorum, et Regimine principum, couvert de cuir rouge marqueté, en latin. »

Le Secret des Secrets est une encyclopédie, écrite sous la forme d’une vaste lettre, traduite d’un livre anonyme arabe du Xe siècle, le Kitâb sirr al-‘asrâr (Le Livre des secrets) et faussement attribuée à Aristote : ce dernier aurait là composé un « miroir du prince », conseils divers à destination d’Alexandre le Grand, dont le Stagirite avait été le percepteur, au moment de la conquête de la Perse. Le livre a été traduit en latin par un clerc nommé Philippe de Tripoli, dont nous ignorons tout, après 1227. On y trouve des exposés de politique, de morale, d’alchimie, d’astrologie, de médecine, de magie… C’était en quelque sorte la référence encyclopédique du bas Moyen Âge.

La mention « et Regimine principum » désigne un chapitre de ce texte, consacré aux principes d’hygiène de vie (le « régime »).

 

 

« 48. L’Istoire de la vie et naissance d’Alixandre, avecques poetes, escript en lettre ancienne, couvert de cuir vert, en latin. »

Il me semble que cet ouvrage désigne l’une des versions du Roman d’Alexandre du Pseudo-Callisthène, un écrivain inconnu, égyptien, ou grec d’Égypte (IIe ou IIIe siècle après J.-C. ?), ou d’un ensemble d’auteurs anonymes réunis sous ce même nom. Du véritable Callisthène (né vers 360 avant J.-C. et mort vers 327), contemporain et biographe d’Alexandre le Grand, les chroniques étaient perdues depuis longtemps, et de nombreux textes apocryphes, versions légendaires de la vie du conquérant macédonien, naquirent de ce manque.

La mention « avecques poetes » signifie-t-elle que l’on trouvait, à la suite des légendes, des œuvres telles que Li Romans d’Alixandre d’Alexandre de Bernay (ou Alexandre de Paris) (XIIe siècle), récit en vers dodécasyllabes qui prirent là pour la première fois le nom d’alexandrins ?

 

 

(à suivre.)

 

 

 

mardi, 11 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (17)

 

 

 Introduction.

 

 

 

« 42. Le commencement de Logique, en papier. »

 

« Les Traités de logique au moyen âge se composaient des traductions latines faites par Boèce, d’après les livres d’Aristote. C’étaient ordinairement de petits livres tracés dans une écriture extrêmement fine et extrêmement abrégés. Lorsqu’ils sont complets, ces livres contiennent les Catégories, le livre Peri Ermenias, les Analytica priora et posteriora, les Topiques, le de Sophisticis elenchis. » (Le Roux de Lincy)

Ces derniers livres sont issus du corpus aristotélicien, l’Organon, titre qui sert à désigner l’ensemble des traités de logique écrits par le philosophe grec ou qui lui sont attribués.

 

 

« 43. L’Apocalipce figurée [ornée de figures, de symboles], couverte de parchemin. »

 

Il s’agit naturellement du livre qui clôt le Nouveau Testament, l’Apocalypse selon Jean.

 

 

 « 44. La Légende dorée, en françois, couverte de cuir blanc, en lettre de forme, historiée. »


Voir le livre 3. de cet inventaire.


 

« 45. Un Messel [Missel] qui estoit escript en l’inventoire dont cestui [celui-ci] est extrait et est couvert de cuir rouge marqueté, sans fermoers, escript en lettre de forme, historié, tout neuf. »

 

Il existait ainsi un inventaire précédent dont celui-ci s’inspire ou qu’il parachève.

 

 

« 46. Ung livre de Boesce, de Consolacion, tout neuf, couvert de cuir rouge marqueté, en lettre courant, enluminé, en latin. »

 

Voir le livre 24. On notera que Boèce est orthographié Boece et Boesce dans le même document.

 

 

 

(à suivre.)

 

 

dimanche, 09 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (16)

 

  

 

Introduction.

  

 

 

« 38. Les Chroniques Martiniennes, en latin, couvert de veloux noir, en lettre de forme ancienne, à deux petiz fermoers de cuivre. »

 

 

Les Chroniques martiniennes désignent la Chronicon pontificum et imperatorum (vers 1275), une chronique historique composée par le dominicain Martin d’Opava (ou Martinus Polonus, « Martin de Pologne » (?-1278)) : cet ouvrage pédagogique très utilisé dans les écoles médiévales présente la chronologie détaillée de treize siècles, s’étendant du ministère de Jésus au pontificat de Jean XXI, éphémère cent-quatre-vingt-cinquième pape de 1276 à 1277.

 

  

« 39. Ung livre couvert de veloux vermeil et unes heures escript en thiois ; à chacun deux petiz fermoers semblans d’argent dorés. »

 

 

Le mot « thiois » est l’équivalent du terme « deutsch » ; il s’agit donc là de deux manuscrits écrits en allemand dont l’un semble un livre d’Heures. Le laconisme de cette mention interdit d’en savoir davantage.

 

  

« 40. Unes Heures de Nostre Dame, à l’usage de saint Ambroise, couvertes de cuir blanc, à trois petiz fermoers d’argent. »

  

Ce type d’ouvrage liturgique, le Livre d’Heures, était destiné aux laïcs.

 

 

 

« 41. La Vie de Nostre Dame, toute historiée, en un roule de parchemin, couvert de drap [étoffe] d’or, en françois, et le Noveau Testament et Exposicion [commentaire, explication] des Evangilles. »

 

 

Fait notable, ce précieux livre de dévotion, qui devait être fort beau, n’était pas un codex, mais un volumen, un rouleau de parchemin, à la manière des livres antiques, que l’on déroulait d’une main. Ce type de livre se présentait sous la forme d'un rouleau de trente centimètres de large et de sept mètres de long environ, et contenait l'équivalent de soixante pages d'un livre moderne.

 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

jeudi, 06 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (15)

 

 

Introduction.

 

 

 

« 35. Le livre des propriétés de toutes choses, en françois, lettre courant, historié à chacun livre, couvert de veloux noir, à deux semblans d’argent dorés, esmailliés aux armes de Monseigneur. »

Il s’agirait d’« un recueil de notions sur l’histoire naturelle, la médecine et l’art culinaire, qui a joui jusqu’au seizième siècle d’une grande célébrité. Composé en latin au commencement du quatorzième siècle, par un moine anglais, Barthélémy de Glanwill, ce recueil fut traduit en français vers 1362 par Jehan Corbichon, chapelain du roi Charles V, et d’après les vœux de ce prince. Il a été imprimé plusieurs fois aux quinzième et seizième siècles. » (Le Roux de Lincy)

On sait aujourd’hui que Barthélémy de Glanwill (un moine franciscain mort vers 1360) n’est pas l’auteur de ce livre, et que celui-ci est l’œuvre de Barthélémy l’Anglais (ou Bartholomeus Anglicus, qui vécut au XIIIe siècle) avec lequel Barthélémy de Glanwill a été longtemps confondu.

Barthélémy l’Anglais composa ce livre en 1230-1240 et le publia sous le titre Liber proprietatibus rerum.

 

 

« 36. Les Epistres saint Pol, glosées en latin, lettres de forme toutes neufves, couvertes de veloux noir, sans histoires, à deux petis fermoers de cuivre. »

 

Même note que pour le livre 33.

 

 

« 37. Les Fables de plusieurs poettes notables, en latin, lettre de forme, couvert de veloux noir, non historiées, à deux petis fermoers de cuivre. »


On sait d’après une quittance que Louis d’Orléans avait acheté à son chambellan le chevalier Guillaume de Tignonville, le 22 juin 1396, un livre désigné comme les Fables d’Ysopet ; or Ysopet (Isopet) est le nom donné, au Moyen Âge, à des recueils d’apologues, courts récits dont se dégage une « moralité » ou une « sentence », et dont la matière est attribuée à Ésope, le fabuliste grec (VIIe-VIe siècles avant J.-C.) qui inspira en France La Fontaine, Benserade et Charles Perrault. S’agit-il de l’un de ces livres ? Les « poettes notables » ayant composé les fables de ce recueil n’en seraient cependant guère identifiables pour autant. S'agit-il de Phèdre, le fabuliste latin (fin du Ier siècle av. J.-C.-vers 50 ap. J.-C.) ? De Babrius, un fabuliste romain de la fin du IIe  et du début du IIIe siècle  ? D’Avianus, un poète romain de la fin du IVe et du début du Ve siècle ? Tous étaient les auteurs de fables imitées ou inspirées d’Ésope.

Il y eut également des moines du bas Moyen Âge qui composèrent des fables à la manière d’Ésope, tel l’Anglais Eudes de Cheriton (1185-1246/47), qui usa de ces récits dans ses prédications.


(à suivre.)

 

 

 

mardi, 04 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (14)

 
 

 

Introduction.

 

 

 

 

« 32. Le livre du Mirouer historial, en quatre grans volumes neuf, en françois et lettre de forme, historiés à mi, couvers de veloux noir ; chacun livre à deux fermoers esmailliés, armoiés. »

 

 

Ce Miroir de l’histoire ou Miroir historial (Speculum historiale) est une encyclopédie rédigée par le frère dominicain Vincent de Beauvais (vers 1184/94-1264), et traduite en français par Jean de Vignay ; l’ouvrage recense les « faits et gestes historiques selon la chronologie » (comme l’auteur l’écrit dans son « Prologue ») depuis la Création du monde jusqu’au XIIIe siècle.

  

 

« 33. Les Gloses sur les Epistres saint Pol, en latin, escriptes en lettre de forme, couvert de veloux noir, à deux petiz fermoers de cuivre. »

 

Les plus fameuses Gloses des Épîtres de saint Paul furent, au Moyen Âge, celles du théologien et philosophe Gilbert de Poitiers (ou Gilbert de la Porrée) (1076-1154), Glosa Giliberti (1130-1140), et du théologien et évêque Pierre Lombard (vers 1100-1160), Glosa Lombardi (1150-1160). Sans doute s’agit-il de l’une ou l’autre de ces éditions.

  

 

 « 34. Le livre de Catholicon, en ung grand volume, lettre de forme, neuf, sans histoires, couvert de veloux noir, à deux petis fermoers de cuivre. »

  

Le Catholicon (Summa grammaticalis quae vocatur catholicon) est un dictionnaire latin et une grammaire latine dont la publication date de 1286. Son auteur est Jehan de Gênes ou Giovanni Balbi (?-1298) qui s’inspire des travaux de Papias le Lombard, un lexicographe italien de langue latine (XIe siècle), auteur d’un dictionnaire latin, Elementarium doctrinae rudimentum, et du glossaire d’Hugutio de Pise, un érudit du XIIe siècle, intitulé Glossarium sive dictionarium (vers 1161).

 

Le Catholicon est le premier dictionnaire latin composé dans un ordre systématiquement alphabétique, et il servit de dictionnaire dans les écoles jusqu’au XVIe siècle.

 

 

 

(à suivre.)

 

 

 

dimanche, 02 février 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (13)

  
 

 

Introduction.

 

 

 

 

 « 30. L’Appostille de maistre Nicole de Lire, en trois grans volumes tous neufs, historié et enluminé d’or et d’azur, en lettre de forme toute neufve, à chacun iiii [quatre] fermoers de cuivre, couvers de cuir rouge marqueté. »

Le théologien et inquisiteur Nicolas de Lyre (vers 1270-1349), le « Docteur clair » (doctor planus), est l’auteur de cette Apostille (« explication »), dont le titre entier serait, d’après mes recherches, soit Postillae perpetua sive brevia commentaria in universa Biblia, soit Postilla litteralis super totam Bibliam (1322-1331), soit encore Postilla moralis seu mystica (1339) ; ou bien ces trois volumes réuniraient ces ouvrages. Ces livres sont une exégèse approfondie de la Bible hébraïque et du Nouveau Testament. Les commentaires bibliques de Nicolas de Lyre sont considérés comme fondamentaux par tous les théologiens des XIVe, XVe et XVIe siècles.

Une quittance a été conservée qui indique que Louis d’Orléans avait acheté ces volumes en 1398.

 

 

« 31. Les Problesmes Aristote, en françois, couvert de cuir rouge marqueté, à deux fermoers de cuivre, escripts en lettre courant. »

 

« Les Problèmes d’Aristote avaient été traduits en français à la fin du quatorzième siècle, par Évrard de Conty, médecin du feu roi Charles V. (…) Ce livre avait été vendu à Louis d’Orléans le 20 janvier 1398, par Me Jehan Doche, étudiant à Paris. » (Le Roux de Lincy)

On sait aujourd’hui que ces Problèmes, une collection de questions et de réponses sur des sujets très divers (médecine, musique, sciences naturelles, mathématiques, etc.), ne sont pas l’œuvre d’Aristote, mais plutôt une compilation de son école, même si certains passages sont du philosophe.

 

 

(à suivre.)

 

 

vendredi, 31 janvier 2014

La bibliothèque de Charles d'Orléans, à son château de Blois, en 1427 (12)

 

 

Introduction.

 

  



« 28. Le livre de Christine, fait por feue madame d’Orléans [Valentine Visconti ; cf. livre 25.], couvert de cuir rouge marqueté, faisant mencion de la description de la preudomie de l’omme, escript en françois, en lettre courant, à deux fermoers de cuivre. »

Il s’agit du Livre de la Prud’homie de l’homme, ou Livre de Prudence, écrit par Christine de Pisan en 1405-1406. La « prud’homie » ou « prod’homie » signifie l’honnêteté, la probité, la moralité, la respectabilité. La « prudence » est à la fois la « sagesse », la « clairvoyance », et le « savoir-faire ».

 

 

« 29. Les livres de Chatonnet, Facet et Cartula, en ung petit volume en lettre de forme, couvert de cuir rouge marqueté. »

Chatonnet ou Catonnet renvoient au « petit Caton », par référence à Dionysius Caton, un écrivain latin du IIIe ou IVe siècle, qui écrivit quatre livres de distiques à caractère moral qui eurent un grand succès au Moyen Âge. Facet et Cartula sont deux recueils paraphrasant ces distiques, et ils furent de nombreuses fois traduits en français. La plupart des bibliothèques médiévales possédaient leur « petit Caton ».

 

 

 

(à suivre.)