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dimanche, 29 mai 2022

D'un cerf

 

 

Je me souviens qu'une fois, il y a longtemps, je m'étais rendu à Fontainebleau, avec des amis. Nous nous promenions dans la forêt après avoir visité le château. Mes amis étaient fatigués, et voulurent interrompre notre marche. Je leur dis que j'allais faire quelques pas avant de les rejoindre tandis qu'ils se reposaient. Je m'engageai sur un petit chemin à l'écart, dans l'ombre verte. Soudain, j'aperçus un grand cerf, qui se blottissait près du tronc d'un arbre, parmi l'herbe et les mousses. Ses bois magnifiques redoublaient les branches de la forêt. Je remarquai que l'animal était blessé : du sang tachait ses poils, je devinai une plaie profonde. Troublé, je fis un pas en avant ; le cerf eut un mouvement de recul, rassemblant ses minces pattes contre lui et me regardant, effrayé, de ses yeux humides bouleversants. Je reculai moi-même immédiatement. En ces temps, il n'y avait pas de téléphones portables, et je ne pus rien faire. Je le laissai ainsi, non sans lui avoir adressé un dernier regard impuissant. Je signalai le fait à un gardien du domaine, qui se contenta de hausser les épaules. Il m'arrive de penser à ce cerf ; il ne se plaignait pas, il attendait sans gémir la mort ou la fin de sa douleur. J'avais rencontré l'élégance.

 

 

 

 

22:57 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Mère et son enfant

 

 

 

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Tamara de Lempicka (1898-1980), Mère et son enfant (1932),
à l'exposition "Pionnières : Artistes dans le Paris des Années folles",

au musée du Luxembourg, à Paris VI,
photographie : mai 2022.

 

 

 

L'Amazone des Lettres

 

 

 

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Romaine Brooks (1874-1970), Portrait de Natalie Clifford Barney,
femme de lettres, dite "L'Amazone" (1920),
à l'exposition "Pionnières : Artistes dans le Paris des Années folles",
au musée du Luxembourg, à Paris VI,
photographie : mai 2022.

 

 

 

 

samedi, 28 mai 2022

Habiter

 

 

Habiter... Lorsque je perdis une personne chère, à chaque fois je n'habitais plus. Il s'agit, oui, d'habiter.

 

 

 

21:17 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

D'un échange

 

 

Un grand poète vient de m'écrire, me parlant de Nuages rois. Voici un véritable et rare échange, sur cette terre.

 

 

 

21:11 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Adam et Ève

 

 

 

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Tamara de Lempicka (1898-1980), Adam et Ève (1931)
[Ce tableau (qui se trouve dans une collection particulière) n'était pas exposé dans les salles de l'exposition,
mais figurait sur la couverture d'un grand boîtier dans la librairie-boutique du musée],
à l'exposition "Pionnières : Artistes dans le Paris des Années folles",

au musée du Luxembourg, à Paris VI,
photographie : mai 2022.

 

 

 

Loin et proche

 

 

À la fin, je n'aime plus me rendre dans une salle de spectacle que pour un opéra, où des voix s'imposent et ne peuvent qu'être là, à ce moment-là, à jamais, avec la magnificence musicale, devant moi, bruissantes, uniques, lumineuses et sombres.

J'aurai aimé beaucoup de concerts, mais des malotrus m'ont trop souvent donné des coups dans le dossier de mon siège, trop de spectateurs ont toussé, éructé, applaudi trop vite ; je ne peux plus les supporter : désormais, j'ai davantage de plaisir à écouter quelque quatuor, quelque pièce pour piano ou quelque symphonie dans mon salon, seul, à l'abri de l'hostilité du monde violent, blessant et vociférant.

Mais un opéra ! Un opéra ne peut véritablement être écouté que dans une salle de spectacle, avec le nombre, la lumière et le sombre, dirais-je, de l'instant. (Un opéra tombe un peu dans une chambre solitaire, toujours.)

 

*

 

Lorsque j'écoute de la musique, je me sens à la fois loin et proche du monde. Ceci explique peut-être cela, je ne sais.

 

 

 

Note en passant

 

 

L'impatience et l'attente se font continuellement la guerre.

 

 

 

11:33 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Rouages de couleurs

 

 

 

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Franciska Clausen (1899-1986), Éléments mécaniques (1926),
à l'exposition "Pionnières : Artistes dans le Paris des Années folles",

au musée du Luxembourg, à Paris VI,
photographie : mai 2022.

 

 

 

 

Nouvelles du fracas (2)

 

(Cela est écrit, au fur et à mesure, lorsque je tente d'écouter les informations du monde à la radio, où tout est mis sur le même plan, et où pour ma part je ne comprends plus rien, ou bien où, au contraire, je comprends beaucoup de choses.)

 

Deux Premiers ministres se sont tutoyés et se sont appelés par leurs prénoms publiquement, devant tout le peuple. Cette incroyable nouvelle nous parvient alors que, sur la Croisette, deux stars se sont embrassées sous l'œil des photographes.

 

Il fait soleil aujourd'hui. Demain, il fera peut-être soleil aussi. Ensuite, il pleuvra sans doute.

 

Dix morts sont comptés dans le pays de ***, sous les bombardements du pays de ***.

 

Un rat est mort, aujourd'hui, dans une cave parisienne.

 

Une folle se promène en ce moment dans les rues de Florence, en hurlant. Nul ne sait comment la calmer.

 

La mer est bleue et verte, avec des nuances de gris, selon quelques scientifiques, d'après une récente étude.

 

Quelqu'un aime quelqu'un quelque part, selon notre envoyé extraordinaire.

 

Un match a lieu dans un stade, et un joueur court très vite. Des millions d'euros sont en jeu.

 

La famine sévit dans le pays de ***.

 

Un président se tait. Mais pourquoi se tait-il ? Une conférence va être organisée à ce propos, et quatorze émissions de radio sont déjà prévues.

 

Encore vingt morts sous les bombes, à ***. La présidence de la République a fait un communiqué, après que le président a téléphoné à un autre président moins démocratique que lui.

 

L'actrice *** portait une très belle robe signée ***, lorsqu'elle monta l'escalier.

 

 

 

 

06:27 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

vendredi, 27 mai 2022

Les beaux mots (6)

 

 

La langue française est belle, et en son sein sont particulièrement beaux certains mots. L'un des plus beaux est certainement celui-ci :

 

lieu

 

(à suivre.)

 

 

20:43 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le visage élégant & la mer & les nuages

 

 

 

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Romaine Brooks (1874-1970), Au bord de la mer (1914), détail,
à l'exposition "Pionnières : Artistes dans le Paris des Années folles",
au musée du Luxembourg, à Paris VI,
photographie : mai 2022.

 

 

 

Au bord de la mer

 

 

 

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Romaine Brooks (1874-1970), Au bord de la mer (1914),
à l'exposition "Pionnières : Artistes dans le Paris des Années folles",
au musée du Luxembourg, à Paris VI,
photographie : mai 2022.

 

 

 

mercredi, 25 mai 2022

Partir

 

 

À la fin, la chance est de pouvoir partir.

 

 

 

10:03 Écrit par Frédéric Tison dans Crayonné dans la marge, Minuscules | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La tache blanche

 

 

 

frédéric tison,photographie,eugène leroy,l'atelier à la tache blanche

 

Eugène Leroy (1910-2000), L'Atelier à la tache blanche (1992),
à l'exposition "Eugène Leroy : peindre",
au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, à Paris XVI,
photographie : mai 2022.