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jeudi, 01 décembre 2016

Au Sri Lanka — Notes de carnet (13)

 

 

Samedi 23 avril 2016 (en voiture)

 

 

Sur la route vers la ville de Nuwara Eliya. Ce matin, N. [le guide qui m’accompagne] m’a convié chez lui, à Kandy, après m’avoir montré un petit temple bouddhiste « de quartier » ; il habite une jolie et plutôt spacieuse maison à étages sur le flanc d’une colline ; elle est meublée très simplement ; un autel est consacré à Bouddha dans son salon ; son épouse et sa mère qui se trouvent là nous servent le thé ; sur la terrasse en construction, tout en haut, il me montre, très fier, une vue exceptionnelle sur la ville tout entière. Sur l’un des murs de sa demeure, une sorte d’image d’Épinal représente la Seine, un bateau-mouche, la Tour Eiffel ; étrange impression !

 

***

 

J’ai pensé que j’ai publié un livre, en France, il y a deux semaines à peine ; j’aurai publié cela, me dis-je aujourd’hui ; d’ailleurs, qui sait ? je ne reviendrai peut-être pas du Sri Lanka. Mais comme tout cela me semble loin ! Et comme mon livre est absolument étranger à ce pays, à tous ses habitants ! Quel sera son destin, en France ? Il ne faut plus que je m’étonne de la rareté d’une réponse au poème, aujourd’hui. Nos paroles, si elles n’ont pas su trouver leur chemin vers tous les hommes, et si elles l’ont trouvé vers si peu d’entre eux, n’ont pas fait fuir les oiseaux. Tout est concentré, actuel réellement, précis, mais dissimulé, voire occulté aux yeux de beaucoup : c’est là, c’est ainsi, c’est comme cela ; nous sommes là, et notre être est là. Nous nous donnons et nous sommes reçus ou négligés. L’indifférence, cette plaie du monde, nous devons la regarder avec hauteur et n’en plus parler.

 

***

 

Je me suis rendu ensuite au marché de Kandy ; c’est un grand bâtiment qui abrite une cour intérieure. On y trouve de tout : des boucheries (très peu engageantes, et même franchement écœurantes parfois ; des flaques de sang répandues sur des étals douteux), des pharmacies, des commerces de fruits, de fleurs, de vêtements, d’objets électroniques. C’est là que j’ai acheté et posté des cartes postales pour mes amis : arriveront-elles à bon port ?

 

(...)

 

 

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