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lundi, 07 novembre 2016

Au Sri Lanka — Notes de carnet (7)

 

 

Jeudi 21 avril 2016 (en voiture)

 

 

Le bruit des rues passantes, ici… Même à Paris je n’ai jamais entendu tel concert permanent de klaxons – au point que le boulevard Diderot, où j’ai l’habitude d’écrire sur les terrasses des brasseries, me paraîtra sans doute un havre de calme et de douceur à côté de ces rues bruyantes, populeuses, où les camionnettes, les voitures, les tuk-tuk (ces tricycles à moteur servant de taxi) innombrables s’avancent, foncent, se côtoient et se doublent dans un tohu-bohu ininterrompu (au point que je me demande comment nous n’avons pas eu encore d’accident, ne serait-ce qu’un accrochage).

La ville sri-lankaise : un joyeux, un exubérant désordre – un chaos souriant !

 

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À Dambulla, dans la ville moderne, étonne un édifice tout récemment construit (en 2000), le Temple d’Or, où un Bouddha gigantesque, entièrement doré, faisant de ses mains le « geste de l’enseignement » (la « mise en route de la roue de la loi »), domine un bâtiment flanqué d’une porte figurant une face (celle d’un tigre ? d’un dragon ?) à la gueule démesurément ouverte. Le tout présente un caractère certes un peu « kitsch » ! Mais ce n’est pas le cas du plus vieux sanctuaire rupestre bouddhiste du pays, qui se trouve non loin, et vers lequel je me rends en compagnie de dizaines de singes qui bondissent un peu partout : le sanctuaire est un grand ensemble de grottes, décorées aux Ier, XVe et XVIIIe siècles, lesquelles abritent de très nombreuses images peintes ou sculptées du Bouddha, ainsi que quelques images de rois ou de divinités hindous. Les voûtes, les parois sont entièrement peintes ; le sol est carrelé de sortes de tomettes rouges. Et partout, contigües les unes aux autres, ces statues fascinantes au regard impassible. Je fus muet d’admiration, et maintenant encore je sens ma plume défaillir. Le Nombre est une sensation dans ces lieux.

 

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Le respect des coutumes et des mœurs qu’il me semble naturel de montrer ici (se déchausser aux abords des temples et des stupas, n’y pas montrer ses genoux, et dans l’ensemble y avoir une tenue correcte (et blanche), etc.) me fait penser que sa civilisation est pour ce pays une évidence. Nous sommes priés aimablement mais sans concession à la respecter. C’est un miroir éloquent. (Qui a envie de respecter et d’admirer une civilisation qui se montre indifférente au dédain qu’on affiche à son égard, ou le tolère ?...)

 

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Au Sri Lanka il y a des dieux – comme partout : mais ici chacun le sait. Le sacré parle, le divin agit. Le proche est mystérieux. Le lointain n’est pas inaccessible…

 

(...)

 

 

 

 

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