Onze mois après
lundi, 28 janvier 2019
Il y a bientôt un an paraissait Aphélie, suivi de Noctifer, que je publiai aux éditions Librairie-Galerie Racine. L'ouvrage, qui peut être commandé dans n'importe quelle librairie, est toujours disponible ici ou là, et même encore ici, et n'oublions pas cela.
Un extrait
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JE TOUCHE TES ÉPAULES, je laisse glisser mon ombre sur la pierre d’angle de tes portiques. Je suis l’ombre qui toujours t’a suivi. Comme toi j’ai demandé — à l’eau, à l’arbre, aux villes et aux hommes — qui je suis.
J’ai travaillé — ainsi que l’air, la vague, le feu, ainsi que le bois, la semence et l’ordure — à la vie. J’accompagne ce qui passe, ce qui demeure et appelle ; je suis ce qui se narre, s’oublie et s’invente après toutes les pluies.
Je suis la fumée sur une veine de marbre — la brèche sur l’écorce. Je suis quelque clef pour un millier de serrures. Je me tiens près des havres ; je suis celui qui veille les phares.
Je suis le nom auquel tu n’as jamais pensé.
(Aphélie, suivi de Noctifer, Septième Heure, Vêpres, X.
Librairie-Galerie Racine, collection Les Hommes sans Épaules, 2018, p. 80.)

2 commentaires
Magnifique extrait de ce magnifique ouvrage !
Merci beaucoup pour votre lecture !
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