De Yves Bonnefoy (24 juin 1923-1er juillet 2016)
samedi, 02 juillet 2016
Une voix
J'ai porté ma parole en vous comme une flamme,
Ténèbres plus ardues qu'aux flammes sont les vents.
Et rien ne m'a soumise en si profonde lutte,
Nulle étoile mauvaise et nul égarement.
Ainsi ai-je vécu, mais forte d'une flamme,
Qu'ai-je d'autre connu que son recourbement
Et la nuit que je sais qui viendra quand retombent
Les vitres sans destin de son élancement ?
Je ne suis que parole intentée à l'absence,
L'absence détruira tout mon ressassement.
Oui, c'est bientôt périr de n'être que parole,
Et c'est tâche fatale et vain couronnement.
Yves Bonnefoy, « Douve parle »,
Du mouvement et de l'immobilité de Douve (1953).
3 commentaires
Il n'y a sans doute pas de plus bel hommage à un Poète qui vient de disparaître que de mettre à l'honneur une de ses oeuvres... Merci, cher Monsieur
Ce poème est l'un des plus beaux que j'ai lus de lui.
Hommage !
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