Le legs du collectionneur
vendredi, 08 mai 2015
Le musée Magnin, en l'hôtel Lantin, à Dijon, pourrait être le modèle du musée privé : si l'on excepte les cartouches plastifiés montés sur des tiges de métal ou abandonnés sur les meubles, assez disgracieux mais heureusement plutôt discrets, chaque pièce est élégante, intime et un peu hautaine à la fois, délicate et rationnelle, en un mot française, et forme une galerie de peinture dont chaque tableau est aimé, ornement pensif et profond des lambris et des miroirs, parmi les meubles rares et précieux. Le visiteur y flâne enchanté, d'autant qu'il n'y a presque personne (et s'il y a quelqu'un, c'est une personne qui observe et passe en silence). Ses pas qui font grincer le plancher ciré l'entraînent vers des vitrines et des murs où s'exposent des merveilles : voici un tout petit tableau d'Herri Met de Bles, un Silène en terre cuite du XVIIIe siècle, trois Georges Michel, parmi d'autres trésors. Il m'est apparu que, si j'avais été riche, si j'avais été prince, et si j'avais eu l'âme d'un collectionneur, j'eusse exactement procédé ainsi : acquérir un bel hôtel particulier, point trop grand, un peu secret, et calme, afin de vivre chaque jour parmi de belles choses, et les partager avec les visiteurs amoureux de ma demeure.
2 commentaires
"française" ?! Malheureux, ne prononcez plus ce mot-là !
C'est trop tard, cher Ami ! Tant pis : j'attends de pied ferme les lettres de cachet de nos juges multiculturels.
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